google analytics

28/11/2017

Trois départs : Lucien Drugmand, Jacques Detal, Yvette Lemoine

Le Président a pris congé : Lucien Drugmand s'est éteint.

SL704149.JPG

Vieille amitié ne craint pas la rouille

Ce dimanche 26, Lucien Drugmand s'est éteint. C'est une personnalité résidentielle qui s'en va, une autorité, un charisme, un caractère, une façon d'être et de faire. Tout le monde l'appelait Président en raison du long mandat qu'il avait exercé comme Président du Conseil des résidants. Il avait été élu en 2010. Honorabilité, fermeté, orgueil, autorité, rigueur, traits d'humour, constance, un brin de cynisme, conscience, loyauté, écoute, sens de la représentation, voici quelques-unes des caractéristiques de cet homme qui avait une formation d'assistant social, et qui exerça la profession d'inspecteur des Mutualités chrétiennes. Il fut aussi Président de l'Union chrétienne des Pensionnés. 

Lucien Drugmand a beaucoup contribué aux rubriques de notre blog en évoquant le nombre considérable de ses voyages. Pour ceux qui souhaitent se souvenir de ces beaux récits et de cette mémoire faramineuse, il suffira de cliquer sur l’adresse qui suit :

 http://residencesainteanne.skynetblogs.be/lucien-dr...

Cette rubrique est parsemée de belles images et d'évocations magnifiques. Elle signifie aussi pour moi de longues heures d'amitié complice. Car il y avait entre lui et moi une curieuse entente mutuelle qui, progressivement s'est changée en respect, en estime et, finalement, en amitié. "Nous sommes bien différents, me disait-il, mais nous prenons du plaisir à nous retrouver ensemble". Dans l'amitié, il avait une franchise superbe doublée d'un tact émouvant. Il écoutait avec talent, il se confiait parfois, sans crainte. Nous avons longtemps et souvent parlé ensemble, dans une sorte de complicité amusée et fervente, dans une étonnante chaleur humaine dont lui et moi étions les inventeurs, dans une loyauté réciproque qui ne s'est jamais démentie. Le Président, avant son lent épuisement, était devenu un aficionado des activités socioculturelles. Autant par amitié que par intérêt. 

SL704504.JPG

Lucien en voyage en Suisse, dans le Valais, en 1964 avec son épouse Gisèle et ses deux enfants, Marie-Luce et Marc. Une photographie dont il était particulièrement fier. (Pensées amicales pour Marc, à l'instant où je rédige ceci).

Lucien était aussi un photographe minutieux et fécond. Il laisse, en diapositives, des milliers de clichés de ses nombreux périples avec les siens à travers le monde. Puisse Lucien, aujourd'hui, retrouver celles dont l'absence l'avait profondément endolori.

M e r c i   à   L u c i e n   D r u g m a n d

C'est l'occasion pour nous de remercier avec ferveur et reconnaissance notre très cher Lucien Drugmand, aujourd'hui épuisé, qui a mené avec vigueur, conscience, vigilance et pertinence le Conseil des Résidants. Sans jamais, toutefois, se départir d'un humour glacé et sophistiqué, pour emprunter la sonore formule de Desporges. Dans l'exercice de son mandat, - sans jamais non plus se prendre trop au sérieux, Lucien a beaucoup innové, tenté de dynamiser le groupe des résidants, le consultant dans des réunions dont il était l'initiateur, cherchant à l'entendre au plus près de ses griefs et de ses louanges. Il avait à cœur de toujours favoriser et solliciter la participation de tous. Il veillait aussi à ce que les demandes et les requêtes soient entendues et suivies d'effets. Inspirant confiance à l'électorat résidentiel, il était le président de la longévité et de la stabilité. Aujourd'hui, à l'écart des responsabilités, du mouvement et du bruit, le Président prend un repos bien mérité. Le voici, pendant qu'il prend la température du monde, photographié en 2012 par le photographe Jacky Lepage. l

DSCF4328.jpg

DSCF4332.jpg

DSCF4333.jpg

DSCF4334.jpg

DSCF4335.jpg

DSCF4336.jpg

DSCF4338.jpg

Dans l'esprit de tous ceux qui l'ont vu à l'oeuvre, Lucien Drugmand demeure définitivement Le Président. Lucien Drugmand était président depuis avril 2010. Il avait été littéralement plébiscité. Vous pouvez, grâce au lien qui suit, revoir le reportage consacré aux élections de 2010. 

http://residencesainteanne.skynetblogs.be/archive/2010/04...

Nous ont également quittés, Jaques Detal et Yvette Lemoine.

Jacques DETAL

Marie-Ange LAMY,

son épouse;

Dimitri et Florence DETAL-CONSTANDT,

ses enfants;

Sacha,

son petit-fils adoré;

Jocelyne et Raymond DETAL-DESSY,

leur fille et petites-filles,

sa sœur et son beau-frère;

Ses beaux-frères, belle-sœur, neveux et nièces,

cousins et cousines,

Les familles DETAL-LAMY et apparentées

ont la tristesse de vous annoncer le décès de

Monsieur Jacques DETAL

né à Lessive le 1er janvier 1948 et décédé à Dinant le 25 novembre 2017.

La bénédiction, suivie de l'incinération, aura lieu au crématorium du cœur de Wallonie, rue du cimetière, 13

à Ciney , le jeudi 30 novembre 2017 à 9 heures 30.

Jacques repose au funérarium des Pompes funèbres Hennuy : rue de la Croix Limont, 6 à Emptinne-Ciney (zoning de Biron), salon 2, où la famille sera présente lundi, mardi et mercredi de 17 à 19 heures.

Yvette LEMOINE

SAM_5402.JPG

Image.png

 

08/11/2017

Décès Florent Viscardy

Décès Florent Viscardy

SAM_6107.JPG

Le récit autobiographique de Florent Viscardy

Florent VISCARDY, époux de Madame Marie-José ARNOULD (avec qui il aura deux enfants, Luc et Bernadette), né à Namur le jeudi 8 mai 1919, est décédé à Dinant ce jeudi 12 octobre 2017 à l'âge de 98 ans. Il n'a séjourné chez nous que quelques mois. Son épouse vit toujours à la Résidence. Florent Viscardy avait rédigé un ouvrage racontant sa vie et qu'il a intitulé Mes Mémoires. C'est en avril 2005, alors qu'il a 86 ans qu'il termine la rédaction de cet ouvrage. Florent procède à une recension minutieuse des époques de sa vie de sa naissance à Namur le 8 mai 1919 à son quatre-vingt-sixième anniversaire. Florent a vécu une enfance heureuse durant laquelle il a été aimé de son père adoptif et de sa mère. Il sectionne ensuite les périodes de sa vie. Le ton est ému, allègre, douloureux parfois. Ceci constitue aussi une sorte de témoignage historique sur un mode de vie lié à une époque révolue. 

De 3 à 12 ans

Je ne puis évidemment saisir que des bribes de ce long et passionnant récit. L'enfance est marquée par la religion. Florent se souvient de son emploi d'enfant de choeur, lorsque, le prêtre se hâtant vers un agonisant, il le précédait armé d'une sonnette et d'un grand crucifix. Sur le passade du prêtre, de la croix et de l'enfant, les gens s'agneouillaient. A douze ans, communion solennelle et orientation scolaire vers l'apprentissage d'un métier à l'école professionnelle de Florennes.

De 12 à 18 ans

L'école professionnelle est dirigée par le curé de Chaumont avec qui Florent restera en contact jusqu'à sa mort. Florent est engagé comme réparateur automobile dans un garage de Romedenne. Il fait, pour ses déplacements, l'acquisition d'une moto d'occasion, une Saroléa 350 cm3. Sans phare. il en montera un lui-même.

sarolea.jpg

"J'ai rejoint l'armée en janvier 1940, j'ai fait mon instruction dans une caserne à Bruxelles pendant deux mois environ et puis je fus détaché dans un cantonnement en Flandres entre Tirlemont et Saint-Trond. J'ai rejoint dans ce cantonnement les soldats rappelés, ce n'était pas tous les plus jeunes et je suis resté là jusqu'à la déclaration de la guerre 40/45. Alors ce fut une aventure de 18 jours ..." Cette aventure, Florent la raconte dans un long chapitre intitulé la Guerre 40/45, longue suite de péripéties parfois périlleuses, qui prend fin avec la signature de la capitulation par le roi.  

SAM_6109.JPG

S'en suivent quinze jours de sévère disette, des missions de conduite de poids-lourds et enfin, les Allemands abandonnent les prisonniers à Ninove. Débrouillez-vous. De retour chez lui, il devient bûcheron puis chauffeur à la laiterie de Rosée et mécanicien chargé de la réparation des camions. 

Florent se marie en 1944 et loue, avec son épouse, une maison à Rosée. Les Allemands restent menaçants et tentent, infructueusement de voler, pour leur fuite, les camions de la laiterie. L'offensive des Ardennes fera encore des dégâts dans la région avec l'offensive Rommel.

SAM_6111.JPG

Avant de quitter la laiterie, Florent rachète un camion. Mais ce camion sera vendu sans bénéfice à un ouvrier de la laiterie qui veut fuir les Allemands. 

Ma vie active

La laiterie a cessé ses activités. Je prends donc l'initiative de louer une maison et d'ouvrir un garage à Anthée. le garage est minuscule, pas moyen d'y faire pénétrer un camion. Je me débrouille, j'acquiers du matériel que je vais charger à Charleroi, en vélo. une équipée folle et harassante. Je répare motos, voitures et camions. J'ai fait l'acquisition de ma première voiture, une Ford modèle B, deux portes de 1929.

Ford Model B 18.jpg

Pour disposer d'un garage plus spacieux, plus adapté, je décide de construire. Pour ce faire, je reçois l'aide de mes beaux-parents. La construction du garage est terminée en 48 et la maison suit dans l'année suivante. Après le travail de réparation des véhicules accidentés, je deviens concessionnaire pour la marque Mazda, cela durera 15 ans, à mon entière satisfaction. Cela me permettra de faire deux beaux voyages, l'un au Japon, l'autre aux Etats-Unis, en Floride. 

Nous avons deux enfants, Bernadette, secrétaire médicale et Luc, spécialisé dans les travaux de climatisation, inventeur dans la gestion du froid et du refroidissement des liquides.

Voyage de 15 jours au Japon

Par suite de nos bonnes ventes pour la firme Mazda, nous avons été invités, avec 200 concessionnaires, au Japon.  Je me souviens, lors du voyage en avion, du passage du Pôle nord vu de 10.000 mètres d'altitude, un souvenir inoubliable. Une escale d'une heure trente à Anchorage, en Alaska. Arrivée à Narita, aéroport de Tokyo. Puis, durant le séjour, visite de Kyoto, temples bouddhistes, monuments, somptueux jardins. l'Asie est réellement un autre mode de vie, je suis séduit et dérouté. Tokyo, lac Aschi, téléphérique à Hakone, visite du parc.

journ-e-au-mont-fuji-et-croisi-re-sur-le-lac-ashi-au-d-part-de-tokyo-in-tokyo-115676.jpg

Lac Ashi debvant le Fuji-Hama

Z Narita.jpg

Ville de Narita, Japon

Ensuite, la ville de Ginza, visite des commerces, spectacle de variétés au théâtre et souper chez les geishas. A Hiroshima, nous expérimentons un train à grande vitesse appelé Bullet qui, en 78, roule à du 220 km/h, visite du musée atomique (en 1945, la première bombe atomique est lancée par les Américains sur Hiroshima, faisant 140.000 morts et détruisant 80 % de la ville....

Voyage de 11 jours en Floride (août 1982)

Pour évoquer ce voyage, Florent procède à un relevé systématique et peu détaillé de toutes les activités du voyage. Tampa, Miami, visite de la ville, visite du Kennedy Space Center, visite de Church Street, visite du Disney World, Tarpon Springs, Busch Gardens ( Parc animalier à Tampa Bay), Sarasota, ... On dira que Florent juge le voyage en Floride passionnant mais moins dépaysant)

Florent Tarpon Springs Floride.jpg

Tarpon Springs, Floride

Florent Busch Gardens à Tampa Bay.jpg

Busch Gardens

 

Ma vie de retraité

Je cède le garage à mon apprenti Joseph en mars 1985 et nous repérons une maison à Godinne, pour nous rapprocher de notre fille Bernadette qui vit à Yvoir. En juin 85, noyus y habitons. J'ai consacré une année à mettre les lieux (maison, jardin, environs) en état. Je pratiquais la sculpture en dilettante et je m'inscris à l'Académie de Namur pour un cycle de trois ans à raison de deux jours par semaine. Ensuite, je me débrouille seul.

SAM_6112.JPG          SAM_6113.JPG

Deux œuvres de Florent (pierre)

SAM_6115.JPG

Une terre de Florent

Ensuite, nous divisons la maison de deux et la famille de Bernadette vient s'installer chez nous à Godinne, la maison étant grande et se prêtant bien à une division. 

Suite à un événement familial, nous décidons, mon épouse et moi, de nous reposer. Nous vendons la maison de Godinne.

Quand Florent clôture ce récit, nous sommes en avril 2005. Il a 86 ans et mesure la durée de sa vie aux changements techniques, sociaux et aux modifications de la vie quotidienne. Il y a fort à parier qu'il ignore qu'il lui reste douze années de vie puisqu'il décède le 12 octobre 2017 à l'âge de 98 ans. Il était né le 8 mai 1919.

04/10/2017

Décès de Marcel Matz

DSC_0657.JPG

Notre cher Marcel s'en est allé ce jeudi 26 septembre 2017, épuisé. Homme fruste mais amical, attachant, volontiers fort en gueule, mais sensible, très aimanté par les femmes, Marcel a connu une écrasante vie de travail et était reconnu par ses collègues comme un homme costaud et vaillant.

Dans son récit de vie, il retrace ainsi son parcours. "J’ai travaillé à 14 ans. J’ai d’abord travaillé à la ferme Callène, je faisais le nettoyage, le nourrissage des bêtes, je m’occupais de l’élevage de moutons. Je ne me souviens pas de tout. Ensuite, vers 15 ou 16 ans, je crois, j’ai travaillé aux Chemins de fer. J’ai travaillé à Ciney, à Tamines, à Charleroi. Mon travail, c’était l’entretien et la réparation des rails et des voies ferrées. J’ai travaillé à peu près jusqu’à l’âge de 60 ans."

Marcel n'était pas un homme de la nostalgie, il n'aimait guère se souvenir comme en atteste son récit: "J’avais des bêtes, des moutons et de la volaille, des lapins. Je mangeais ma volaille et mes lapins, pas les moutons, je les vendais, je ne voulais pas les manger. Je faisais également un grand jardin dans lequel je plantais des pommes de terre, de la salade, des haricots, des choux, des poireaux, des carottes et des oignons. J’avais un chien aussi, il s’appelait Jacky, il a vécu longtemps. Puis j’ai eu aussi un grand bouvier noir qui s’appelait Fala. Et un chat qui s’appelait Mirette. J’aimais être dehors, à l’air, avec mes animaux, dans mon potager. Maintenant, je ne saurais plus. Mes jambes ne me portent plus.Je n’ai jamais trop aimé la télévision. Je la regardais très peu. Maintenant, il faut que j’arrête, je suis fatigué. Les souvenirs me fatiguent. Je n’aime pas tout ça." 

L'homme se dit dans cette évocation. Ce qu'il aime s'y trouve et le peu de goût qu'il a pour la parole ou pour la mémoire. Marcel avait aussi un sourire convaincant. Veuf d'Andrée Dinon, Marcel était né à Foy-notre-Dame en 1934. Nous souhaitons à ce bon gros étourneau sansonnet que nous avons beaucoup aimé, une roselière accueillante, paisible, pleine de sifflées mélodieuses et d'oiselles bienveillantes.

marcel.jpg