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31/05/2017

Warnant en cartes-vues (Première partie)

Avant-propos 

Il y a peu de localités villageoises qui peuvent s'enorgueillir, à l'instar de Warnant, d'avoir abrité sur leur sol de grandes institutions ou de grands centres d'activités.

C'est le cas pour Warnant qui au cours des siècles eut sur son sol :

- une abbaye cistercienne qui dura 650 ans

- des forges et fourneaux pendant 250 ans

- une papeterie pendant 125 ans

- une importante usine de cuivre pendant 140 ans. 

Ce sont ces différents points dont nous allons retracer succinctement l'histoire. Commençons d'abord par présenter le village de Warnant. 

Le village Warnant

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Le village est posé sur une colline à mi-pente des hauteurs qui l'entourent. Devant lui, la vallée de la Molignée, une large vue vers les collines de Meuse et la hauteur voisine où se perche Haut-le-Wastia. 

Le territoire de Warnant est vaste (1132 hectares). Il touche à la Meuse depuis Hun jusqu'aux abords d'Anhée.

Dans la vallée où coule la Molignée, c'est le territoire de Moulins, là où s'est concentrée l'activité industrielle.

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De l'église, un chemin descend vers la plaine des sports. 

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Nous ne voyons ici que de paysages bucoliques. 

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Nous observons ici un village entouré de collines.

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Un village groupé tout autour de son église. 

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C'est un coin de verdure où coule une rivière. (Rimbaud)

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A côté du passage à niveau de la route vers Maredsous se remarque un petit bâtiment. C'est un relais de chasse qui plus tard sera abondamment décoré. 

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Voici le relais de chasse tel qu'il est actuellement. 

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Avant la construction de leur église, les Warnantais devaient se rendre à Senenne pour y accomplir leur devoir religieux. La route était longue. Vers 1750, les Warnantais introduisirent requêtes sur requêtes, pour obtenir la construction d'une église au lieu. Leur ténacité vint à bout des réticences de l'autorité religieuse. Ils auront leur église en 1764. 

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Cette rue menant à l'église est le point central du village. On y trouve une épicerie, un café. 

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La place Georges Dekoninck. Cette place nouvellement refaite porte en son centre un monument dédié au sculpteur Georges Dekoninck. 

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Cette ferme est très ancienne et date sans doute du seizième siècle. 

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Fontaine Sainte-Adèle. Cette sainte est priée pour la guérison des maladies des yeux. Chaque année se fait un pèlerinage auquel les Warnantais restent fidèles. 

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Procession Sainte-Adèle. Des pèlerins à la fête de sainte Adèle, ils sont trop nombreux pour entrer tous dans l'église (environ de 1930). 

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Fontaine Sainte-Adèle un jour de procession. Dans les environs de 1920. Un estropié demande une obole. 

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Voici la gare de Warnant sur la ligne 150 (Tamines-Jemelle). Elle fut bâtie vers 1889 et entra en fonction en 1890.

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Vers 1930, la gare de Warnant devint gare de formation de trains. Les lignes sont donc plus nombreuses, ce qui a nécessité la construction d'une cabine pour gérer le trafic.

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En gare de Warnant, d'impressionnantes locomotives dans des jets de vapeur.

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Passage à niveau près de la Villa des Lapins sur la route de Maredsous. De pauvres gens tirent leur roulotte. 

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Passage à niveau près de la gare de Warnant vers 1910. A ce moment la ligne est encore à simple voie. Deux personnes et une chèvre semblent s'attarder sur le passage à niveau. 

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Café et restaurant en face de la gare de Warnant. Ce bâtiment deviendra le restaurant Les Marronniers. 

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Le même café restaurant vers 1910. 

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Vue des écoles communales de Warnant vers 1910.

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Château du Varroy construit vers 1890 sur le terrain de l'ancienne papeterie de l'abbaye de Moulins. 

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Le Varroy sous un autre angle. 

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 Le vicinal dans la courbe l'amenant près du village de Warnant.

Un vicinal reliait la gare de Warnant à Lesve. Sa mise en service se fit par tronçons à partir de 1909. Pour le tronçon Warnant-Bioul qui passait par le ravin de Salet on dut tailler l'assise dans le roc ce qui prit plus de temps. Au début, la traction se faisait par des locomotives à vapeur, ensuite, après 1945, on en vint à des autorails. La ligne desservait les carrières d'Arbre et de plusieurs sablonnières de Bioul.

Le tronçon Warnant-Lesve fut supprimé à partir de 1954 et remplacé par des autobus.

Pour plus de détails, consultez le livre de Jean Closset : Le vicinal de Warnant à Lesve

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Autorail devant la gare de Warnant.

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Café du garage près du pont d'Yvoir.

La commune de Warnant étant très vaste avait sur son territoire le rivage de Meuse de Hun à Anhée. Près du pont d'Yvoir, il y avait quelques maisons. 

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Garage du pont d'Yvoir vers 1920.

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Le même garage vers 1925. 

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Le garage vers 1930. 

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En face du garage, il y avait une station à essence depuis 1935. cette station, en fait, camouflait un bunker destiné à la défense du pont. Par l'ouverture avant, nous distinguons des éléments Cointet.

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Vue du nouveau pont d'Yvoir mis en service en 1973. Quelle belle vue sur la vallée de la Meuse !

20/05/2017

Annevoie cartes-vues (Les Activités industrielles) Cinquième partie

textes et commentaires Jean Closset 

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Notre historien résidentiel, Jean Closset

Avant-propos 

Le travail du fer sur les bords de Bableuse remonte très loin dans le temps. Là où les hommes trouvèrent une eau rapide, ils ont pensé à en tirer la force motrice. Suivant les documents de la Cour des comptes, des redevances pour coops d'eau (prises d'eau) montrent que déjà au cours du seizième siècle on travaillait le fer à Annevoie. Par exemple, en 1516, Bertrand le forgeron paie 40 sous. 

Il en est ainsi au dix-septième siècle où il est fait état de cinq forges et deux fourneaux sur le cours de Bableuse. 

Il faut attendre le cadastre de 1833 pour avoir une connaissance exacte de la situation. 

On trouve successivement les établissements suivants :

- la forge d'en haut au bout de la rue de l'Eglise,

- la neuve forge à coté des jardins d'Annevoie,

- la forge Aminte,

- le neuf fourneau,

- le moulin à farine,

- la forge du Trou,

- le fourneau du Milieu,

- la forge d'en bas.

Toutes ces forges et fourneaux sont regroupés sur une distance d'un peu plus d'un kilomètre. Tous ces établissements connaîtront le déclin dès que les industries du sillon Sambre et Meuse et l'extraction du charbon se développeront à partie du dix-neuvième siècle. 

Ci-après, les croquis du cadastre de 1833 indiquant l'emplacement des forges et installations diverses.

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2. Cadastre 1833-2.jpeg

Venons-en à chacun de ces établissements industriels.

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Forge d'en haut. L'octroi pour sa fondation date de 1732 et est accordé à de Montpellier. Là où est établie la forge, il ne coule aucun ruisseau. Il a donc fallu établir des canalisations en maçonnerie depuis l'étang de la Roynette et le ruisseau de Fonteny. De plus, pour obtenir une chute d'eau, il a fallu creuser le sol pour établir l'usine. Celle-ci tombe en léthargie dans les premières années du dix-neuvième siècle. Néanmoins l'usine sera rétablie de 1916 à 1954, la forge devant forgette pour façonner des outils. Finalement, l'excavation de la forge, les murs étant démolis, servira à une pisciculture pendant quelques années. La photo de la forge ne montre que des toits au ras du sol puisque l'usine elle-même était enterrée.

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La neuve forge. Cet établissement existait depuis un temps immémorial, quand il a été reconstruit en 1779. Il appartenait aux Montpellier. La forge se compose de deux fours, une affinerie, un marteau et deux martinets. La fin de cette forge se situe en 1860. En 1866, la forge est convertie en polissoir et scierie de marbre qui s'arrêtera en 1914. En 1955 l'ancienne forge qui se trouve à côté de l'entrée des jardins d'Annevoie est transformée en rôtisserie et le reste en centre d'accueil pour les jardins d'Annevoie.  

5. Forge Aminte 1.jpeg

5a. Forge Aminte -2.jpeg

La forge Aminte, gravures du général de Houwen. Cette forge d'origine très ancienne appartenait aux de Cesves. Elle est vendue en 1813 à Charles Donau. Après son arrêt elle est vendue en 1850 à Auguste Bayvi qui en fera une meunerie et une huilerie. En 1868, un incendie survient. La reconstruction n'aura lieu qu'en 1877. Au début du vingtième siècle, les Debras exploitent le moulin et ce jusqu'en 1954 alors qu'il est toujours la propriété des Bayvi. Le moulin est démoli en 1967, il n'en reste que l'assise et la roue hydraulique.

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Vue du moulin et de son bief. 

7. Moulin Debras.jpeg

Vue rapprochée du moulin.

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L'eau coule sur la roue du moulin. 

8. Maison du moulin et cascade.jpeg

A la sortie du moulin, une belle cascade.

Le neuf fourneau. L'octroi pour ce fourneau date de 1775. Le propriétaire en est Joseph Misson. Le fourneau est revendu successivement à Frédéric de Montpellier puis à madame Bauchau en 1836. Après l'arrêt de l'activité, le bien est revendu à Julien Bayvi, déjà propriétaire du vieux moulin de Rouillon. Alexis Bayvi s'oriente vers une autre activité, la meunerie. Un moulin à farine est construit en 1882. En 1893, plusieurs activités vont s'exercer sur le lieu : d'abord une peausserie qui provoque beaucoup de critiques à cause de l'odeur, elle est suivie de la fabrication de produits réfractaires. vers l'an 1900, une scierie de marbre s'installe jusqu'en 1914. En 1923 a lieu la vente aux frères Debras, lesquels y produisent des aliments pour bétail. Enfin, à la place du Moulin s'élèvera une installation frigorifique. Que de mutations en un seul lieu !

9. Emplacement du neuf fourneau.jpeg

Vue des installations frigorifiques.

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Vue prise du temps où le neuf fourneau servait à une scierie de marbre.

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Le vieux moulin de Rouillon. Son existence est avérée depuis le dix-septième siècle. En 1641, il appartient à Nicolas Marotte, seigneur d'Arbre. Le cadastre de 1833 indique avec précision que sur place, en plus du moulin, se trouve deux bâtiments, une maison et une cour. Le tout appartient à Charles de Moreau. Le moulin devient propriété d'Edmond Baivy qui, en 1904, installe sur place une blanchisserie. En 1912, le bâtiment est agrandi. Il apparaît comme une grande bâtisse de trois étages au flanc de laquelle il y a une roue hydraulique. le surplus d'eau tombe en cascade dans le bief de la forge du trou. La blanchisserie sera active jusqu'en 1950 puis sera revendue aux frères Debras qui transforment le tout en magasin à grains. L'ensemble sera revendu par les frères Debras et deviendra une habitation. 

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Le linge est étendu sur l'herbe pour blanchir. 

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La blanchisserie dans les années 1930.

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Autre vue de l'ancienne blanchisserie devenue habitation.

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Le surplus d'eau tombe dans le bief de la forge du Trou dont on aperçoit le toit.

Le fourneau du mitan (milieu). Dans les actes, le fourneau du milieu est déjà signalé en 1647. Un rapport de 1845 sur l'état des forges et fourneaux signale que le fourneau du milieu est au chômage. En 1865, le bâtiment annexe du fourneau longeant la route de Fraire est démoli et permet la construction d'une villa que nous avons montrée dans le chapitre consacré aux rues. Le bâtiment du fourneau est transformé en 1893 en polissoir de marbre qui fonctionne jusqu'en 1911 pour devenir une menuiserie où l'on fabrique notamment des chaises pliantes. En 1936, la totalité du bien, à l'exception de la villa, est revendue par la famille de Copin aux forges Malevez. Cela permet l'élargissement du chemin qui conduit à la forge du Trou. 

13a. Forge du trou . gravure.jpeg

Gravure du dix-neuvième siècle montrant la forge du Trou.

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La forge du Trou possède encore ses roues hydrauliques.

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La forge du Trou et ses abords.

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Maka de la forge du Trou.

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La forge du Trou au temps de l'Eden parc.

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Emplacement où se trouvait le fourneau du mitan.

19. Forges Maleves vers 1910.jpeg

Forges Malevez

20. Forges Malevez.jpeg

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Forges et fourneau d'En-Bas. L'existence de ces installations situées le long de la Chaussée de Namur, est déjà signalée en 1650. On y rattache la Forge du Trou qui se trouve en contre-bas du Moulin de Rouillon. En 1803, le tout appartient à André Moreau. Dès la moitié du dix-neuvième siècle, la forgerie est en déclin, prête à l'arrêt. En 1851, le tout est revendu à Malevez, y compris la Forge du Trou. A partir de ce moment, de nombreuses transformations sont apportées aux installations jusqu'à ce qu'elles soient comme on peut les voir sur les cartes-vues. Avec Malevez l'essentiel est la fabrication d'outils aussi pour le jardinage que pour l'agriculture. Le catalogue des produits fabriqués est impressionnant. Après le guerre 1940-1945, la concurrence des grands ensembles est fatale. Cela sonne la fermeture des usines Malevez en 1952. Tout le bien est revendu en 1955 à Houyoux-Eden qui va se tourner vers la restauration et les loisirs. Le bâtiment central est transformé en restaurant. Un parc d'attractions va jusqu'aux installations anciennes, en l'occurrence la Forge du Trou où le maka est conservé ainsi que les cisailles. 

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Vue partiel du restaurant et de son environnement.

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L'Eden-parc. La Forge du Trou et ses roues sont toujours visibles. 

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Derrière le restaurant, une piste de danse est construite. On y organise des bals qui connaissent un beau succès auprès de la jeunesse.

Cinq ans après son achat, Houyoux-Eden revend la propriété qui va vers la fermeture à l'exception du restaurant. 

Ironie du sort, après des siècles de travail du fer, les battements des marteaux sont remplacés par les flonflons d'un bal musette. 

27. Forgette Goffioul.jpeg

Forgette Goffioul

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Des chevaux attendent d'être ferrés. 

Déjà en 1830, une forgette exploitée par Nicolas Goffioul, se trouve sur la place communale d'Annevoie. la force motrice est apportée par une dérivation de Bableuse qui fait tourner la roue. 

12/05/2017

Cartes-vues Huns (Les Carrières, cinquième partie)

1. Hun 3.jpeg

La carrière fut la seule activité industrielle à Hun. Les vues qui suivent vont la montrer à plusieurs années d'intervalle. Sur cette vue, nous la voyons de profil de la rive d'Yvoir.

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Belle vue sur le barrage de l'écluse qui en est toujours au système des fermettes. La modernisation ne viendra que dans les années 1980.

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L'excavation dans la roche est déjà très importante. 

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Nous voyons la grille d'entrée permettant le passage sur le barrage. 

5. Vue des carrières Beaupère vers 1950.jpeg

La carrière dans son stade final. Un trieur de pierres s'élève en hauteur, un mur avec des trémies facilite les chargements.

6. Ouvriers de la carrière Beaupère vers 1930.jpeg

Les ouvriers de la carrière Beaupère.