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02/08/2017

Falaën (partie I)

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Sur un roc, au confluent de deux rivières, les ruines du château de Montaigle dressent leurs formes déchiquetées dans un environnement fait de verdure et de rochers.

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Le château de Montaigle fut bâti au début du quatorzième siècle. Avec Crève-coeur, il avait pour mission de protéger l'accès à l'Entre-Sambre-et-Meuse, face aux entreprises de la principauté de Liège. 

Son histoire ne fut pas un long fleuve tranquille. Au cours de la campagne de 1421 que les Dinantais menèrent contre le comté de Namur, Montaigle fut investi par les Dinantais qui ne purent prendre la place forte mais ravagèrent les alentours de la forteresse. Le coup de grâce fut donné en 1554 quand Henri II, roi de France, vint détruire les places fortes de l'Entre-Sambre et-Meuse. Montaigle fut pris et détruit.

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Dans la prairie au bas de Montaigle, on employa la force motrice de l'eau pour actionner une scierie et un polissoir de marbre. Nous voyons ici le bief d'amenée de l'eau de la Molignée.

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La même vue sous un autre angle.

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A droite du château, on aperçoit les falaises bordant le Flavion. Elles sont trouées de grottes où furent découverts des vestiges préhistoriques.

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A l'avant-plan, on aperçoit les bâtiments de la scierie.

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Sur ce panorama, on distingue à l'arrière-plan le remblai de la ligne de chemin de fer avec le pont du passage de la route et, à l'avant-plan, quelques maisons en contre-bas des ruines.

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La scierie et son bief d'alimentation.

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Belle vue des ruines et de la scierie de marbre dont on aperçoit des plaques sciées et dressées.

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La neige est tombée sur Montaigle, adoucissant les formes sous un grand manteau blanc.

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La paix hivernale est descendue sur le site.

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Vers 1905, les sœurs du collège de Burno sont en promenade. Elles s'arrêtent un instant pour une photo dans le décor de Montaigle.

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Durant la guerre 14-18, une troupe d'Allemands a fait halte au pied des ruines.

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Le charme pittoresque de la vallée de la Molignée attire de nombreux promeneurs. En voici quelques-uns passant au pied des ruines.

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Le temps a passé. Le site de Montaigle s'est transformé. A l'endroit qu'occupait la scierie, une villa moderne a été construite. 

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Photo aérienne du site de Montaigle : des vestiges de murs dans un écrin de verdure.

 

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Le site tel qu'il nous apparaît aujourd'hui dans sa totalité. A l'arrière, l'hôtel de la Truite d'or, une villa, tout cela dominé par le château-fort. 

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Un groupe d'ouvriers travaillant à la scierie de marbre. La plaque indique que l'installation travaillait pour Mr Géruzet d'Yvoir. 

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Au début du vingtième siècle, la traction de petites charrettes par de grands chiens était courante. Voici un attelage devant la scierie. 

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Non loin du centre de Falaën, se dresse un château-ferme. La famille Potelet le fit bâtir entre 1670 et 1673. Le château se présente comme un vaste quadrilatère entouré de douves franchies par un pont-levis. Aux angles du quadrilatère se dressaient des tours. A l'époque, la grande bourgeoisie a fait construire ce genre de demeure pour se mettre à l'abri de bandes de brigands. 

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Voici l'entrée majestueuse du château précédée autrefois d'un pont-levis. Cette entrée conduit dans la cour intérieure.

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Vue de la cour où se trouve encore un pilori auprès duquel autrefois on attachait les condamnés à de lourdes peines. 

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Vue du bâtiment de résidence dans lequel autrefois se réunissaient des confréries gastronomiques.

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Château de Foy-Marteau construit en pierres du pays par Georges Boël en 1911. Il jouxte un grand jardin à la française.

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Vue du château et des jardins très bien entretenus entre les deux guerres.

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Pont jeté sur la Molignée pour relier la grand-route au château Boël et aux ruines de Montaigle.

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Le château de Montaigle, bâti en 1850 et dominant les ruines du même nom. Il était occupé par la famille del Marmol. Le château de Montaigle.

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Foy-Marteau. le terrier du comté de Namur cite les forges de Montaigle et de Faeng. Elles cessèrent leurs activités au cours du dix-huitième siècle. Le lieu porte le nom de Foy-Marteau en souvenir de la forge.

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Arrivons-en au centre de Falaën, là où se trouve l'église Saint- Léger, bâtie en pierres du pays. Au cours du temps, elle subit maintes transformations. Elle fut restaurée et agrandie en 1838, l'église fut allongée et élargie. La date de 1848 figurait au-dessus du proche d'entrée. L'église fut remise à neuf en 1972.

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Le chœur de l'église tel qu'il apparaissait au dix-neuvième siècle.

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A la place communale de Falaën, il y avait un café dont le tenancier était en même temps coiffeur. Aujourd'hui, l'établissement est fermé.

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Nous voici au début de la rue des Bruyères telle qu'elle était vers 1950.

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Voici la place communale, là où s'amorce la rue des Bruyères. En 1920, les maisons avaient encore un aspect typiquement villageois. 

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Ceci est le début de la rue de Chession. Cette rue est très longue et se dirige vers Flavion. Elle s'est fortement urbanisée. De nouvelles maisons y ont été construites. Il s'y trouve un bed & breafast de première qualité qui possède le charme d'être implanté en pleine nature.

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La même rue de Chession, à peu près au même endroit que la vue précédente mais trente ans plus tôt.

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Brasserie de Falaën avec de nombreux tonneaux en façade. Cette brasserie a cessé son activité vers 1930 pour devenir, depuis peu, un logement.

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Voici l'autre face de la brasserie donnant sur une placette où picorent les poules.

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Le haut bâtiment de droite fut l'école des filles. Actuellement, celles-ci ont rejoint l'école communale. Le bâtiment a été transformé en logement.

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Voici dans les années 1910, l"école communale des garçons. Une grille à l'aspect ancien ferme l'espace de la cour de récréation.

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Autre vue de l'école communale. Un groupe de garçons avec l'instituteur dans les années 1910. 

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Après l'école, un petit groupe de garçons se délassent. On grimpe sur un chariot, on joue au cerceau, tout cela dans les années 1910. 

Haut-le-Wastia (deuxième partie : Industries du Fond de Floye)

Au bord du versant sud-ouest de la colline d'Haut-le-Wastia, dans la vallée de la Molignée, là où la limite communales franchit les méandres de la rivière, une industrie s'est créée au début du dix-neuvième siècle, s'est transformée plusieurs fois en activités diverses, pour atteindre la fin du vingtième siècle, qui marque son entrée en léthargie.

Le laminoir à fer blanc

C'est 1801 que Gérard Fallon, industriel à Namur, adresse une requête au préfet de l'Entre-Sambre-et-Meuse pour lui demander un coup d'eau sur la Molignée pour y installer un laminoir afin de fabriquer des tôles de toutes les espèces, principalement en fer blanc. Il demande en outre à pouvoir établir un laminoir dans l'ancienne papeterie de l'abbaye de Moulins, là où se trouve actuellement le Château du Varoy. Ces projets rencontrent aussitôt l'hostilité du sieur Moreau de Bioul qui allègue qu'il est en pourparlers avec le baron Jacquier de Rosée à propos d'un pré situé le long de la Molignée sur lequel ce dernier se propose de construire un établissement ayant la même finalité que celui de Gérard Fallon.

L'ingénieur de l'Administration des Mines répond que Fallon doit également demander la permission d'installer des fours à réverbères et d'indiquer le combustible qui sera employé. Fallon répond que ce sera la houille.

Une autre position va bientôt se manifester. Auguste Bauchau, maître de forge à la Roche à Moulins, proteste auprès du préfet contre le fait que ce laminoir nuira à ses propres usines en aval et qui, étant anciennes, ont donc la priorité sur les nouvelles.

L'autorisation impériale, au projet de Fallon, est donnée le 10 octobre 1811. Fallon pourra établir deux laminoirs destinés à la fabrication de tôles et, principalement, de semelles devant servir à la formation de fer blanc.

, Dela-Le moulin à farine

Le succès de l'entreprise de Fallon est aléatoire puisqu'en 1819 il demande à l'administration à pouvoir convertir le laminoir en un moulin à farine et une batterie de chanvre.

Le premier locataire sera Martin Baili.

Les parties sennstielles du moulin sont les suivantes :

- le grand tournant actionnant une paire de meules en pierre de France

- le moulin à braix (escourgeon et orge)

- le moulin dit à "écoussière", utilisé pour décortiquer épeautre et avoine

En octobre 1822, Gérard Fallon met son moulin en vente et l'acheteur en est Jean-Baptiste Beguin. Dans l'acte de vente, il est spécifié que le moulin consiste en deux tournants faisant mouvoir deux couples de meules à farine, un couple pour la mouture de l'avoine et du seigle, une batterie de chanvre et une huilerie en construction.

Vers 1878, la batterie de chanvre er le pressoir à huile cessent d'être activés. Le moulin à farine va fonctionner jusqu'en 1891, année où il est incendié avec la maison d'habitation. Le terrain est racheté par Delal-Thiran qui reconstruit la maison et sur les ruines du moulin établit une scierie à marbre. En 1879, Delal-Thiran conclut un contrat instituant la "société des carrières d'usines de Warnant" qui continuera l'exploitation de la scierie jusqu'en 1902, après quoi cette dernière est abandonnée et démolie. Le terrain va rester sans affectation jusqu'en 1913.

Les usines Minot et Decoux

Le 20 janvier 1913, le bien dans son entièreté, est vendu à Joseph Minot qui fait bâtir sur le site un atelier de construction. Une quinzaine de personnes travaillent dans l'entreprise qui produit des lames et outils de carrière de même que des objets de quincaillerie. 

En 1917, Minot vend globalement ses instituions à à Gerard Decoux. La guerre passée, ce cernier développe considérablement l'usine. A côté des ateliers Minot, il fait construire un grand hall qui fait plus que doubler la superficie des ateliers. 

L'usine fonctionnait en utilisant la force hydraulique. A 250 mètres vers l'amont, partant d'une retenue de la Molignée, un canal quii existait déjà du temps du moulin à farine, amenait l'eau dans un étang proche de l'usine. L'eau se déversait dans une fosse où se trouvaient trois turbines à haut jet dont l'une servait à fabriquer le courant électrique. Une autre , reliée à un axe de transmission, muni de poulies alimentant pilons, cisailles, moutons, etc. 

Dans l'ancien atelier Minot on trouvait 8 forges individuelles avec foyers, enclumes et marteaux, trois pilons, un mouton, un tour et une raboteuse. Le grand hall contenait le maka ou grand marteau.

L'usine Decoux était spécialisée dans la fabrication de lames à scier de marbre. On y produisait encore des bêches, pics et pioches, courbets, rasettes, pelles, outils d'échardonnage en forme de croissant. En 1927, le nombre de personnes employées était de 37. 

Le déclin de l'usine s'annonce s'annonce vers 1960. Non modernisée, elle ne peut soutenir la concurrence des grands ensembles. Les établissements Decoux sont rachetés en 1969 par la Société Anonyme des carrières et fours à chaux de Haut-le-Wastia.

Les carrières et fours à chaux

L'histoire des carrières du Fond de Floye débute en 1901 quand une firme française, à la recherche de terrains riches en pierre calcaire, rachète environ 13 hectares en aval des usines Minot pour en faire une réserve.

La totalité du terrain est revendue à la S.A. des carrières des fours à chaux de la Meuse. Celle-ci attendra 15 ans avant de passer à l'exploitation. 

En 1927, elle ouvre une carrière dans la colline de Haut-le-Wastia et fait construire 4 fours à chaux au moyen de pierres extraites et taillées sur place. L'ouvrage est terminé en 1929 quand se constitue la SA des carrières et fours à chaux d'Haut-le-Wastia, filiale de la Société Carmeuse. 

L'exploitation des carrières peut commencer. Dans le décennie 1930 et suivantes, une septantaine de travailleurs sont sur le site, caque four peut produire 60 tonnes de chaux par jour. 

En 1968, la production est accrue par l'installation d'un four à gaz d'une capacité de 250 tonnes par jour. 

Après le rachat de l'usine Decoux, les ateliers sont démontés et sur leur emplacement on installe un trieur-laveur pouvant traiter 700 tonnes par jour pour produire des pierres, du gravier et du poussier. L'eau de lavage est puisée dans la Molignée toute proche.

En 1982, la SA des carrières et fours à chaux de Haut-le-Wastia est reprise par Carmeuse qui arrête la production de chaux. L'activité ne  porte plus que sur la vente de pierre et matériaux traités par le trier-laveur.

Les structures métalliques du four à gaz sont démontées et vendues. C'est la fin de l'entreprise.

Dans une vallée où le feuillages arbres était blanchi par la chaux, la nature a repris ses droits.

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Carte du Fond de Floye indiquant l'emplacement des industries et ces carrières.

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Les Usines Minot en 1913

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Personnel de l'usine hydraulique Decoux en 1927

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Vallée de la Molignée où se marquent les méandres de la rivière et les usines Minot.

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Le maka de l'usine Decoux. Actuellement, il se trouve sur le square à côté de la maison communale d'Yvoir.

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Vallée de la Molignée, site des fours à chaux.

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Vallée de la Molignée. Usine Decoux.

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Carrières du Fond de Floye et four à gaz.

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Vue générale des carrières.

26/07/2017

Warnant (Usine à cuivre, partie quatre)

En 1826, le château de Moulins et ses alentours proches sont mis en vente. C'est le baron Alphonse Jacquier de Rosée qui acquiert le lot, c'est-à-dire les bâtiments du château (ancienne abbaye), jardins, vergers, canaux et prairies proches du château. Parmi les terrains entourant le château, ceux qui se situent au sud vont connaître dans les années suivantes un destin industriel remarquable en devenant l'assiette d'une usine à cuivre qui se développera régulièrement et fonctionnera jusqu'en 1978. 

Dans le développement de l'usine, il y a lieu de considérer deux périodes, la première du début à 1914, la seconde de 1921 à 1975.

Alphonse de Rosée crée ses premiers établissements à partir de 1830. ce sont : un laminoir alimenté en force motrice par le prolongement de la dérivation de la Molignée, une fonderie est construite sur un ancien verger. 

C'est à partir de la fonderie et du laminoir que l'usine va grandir en s'adjoignant des constructions nouvelles. Nous ne mentionnerons que les accroissements considérables.

1840 : création d'une batterie de cuivre à six marteaux actionnés par une grande roue hydraulique.

1846 : au laminoir s'adjoint une tréfilerie et un atelier de chaudronnerie.

Cette même année paraît un prospectus détaillant les produits vendus, liste étonnante par sa variété. Le prospectus est reproduit en annexe.  

1861 : une remise est agrandie et transformée ne fonderie de cloches sous la conduite d'Henri Michel. C'est là que seront fondues les deux cloches offertes par madame de Rosée à l'église de Warnant.  Henri Michel sera remplacé par la famille Causard qui reprend la fonderie jusqu'en 1889 quand ils feront bâtir leur propre atelier à Anhée. 

Reprenons la liste des principaux agrandissements :

1862 : dans un coude de la Molignée, au lieu dit "Aux Déchanges," se construit une nouvelle batterie de cuivre. 

Avant la guerre 14-18, une dernière extension a lieu, il s'agit d'une nouvelle batterie de cuivre. C'est là qu'on fabriquait les foyers des locomotives à vapeur et la grosse chaudronnerie.

Pendant la guerre 14-18, les usines sont à l'arrêt, les Allemands ayant réquisitionné le stock de cuivre pour l'envoyer en Allemagne. Cependant le baron de Rosée s'efforcera d'occuper ses ouvriers, soit à l'entretien de l'outillage soit en exécutant des terrassements pour les extensions futures.

La guerre passée, à partir de 1921 jusqu'à 1975, l'usine s'étendra dans la partie sud-ouest de la propriété. Les constructions seront d'une plus grande superficie et d'un aspect plus géométrique. 

1921 : construction d'un nouveau laminoir où se fabriqueront les produits semi-finis. 

1925 : construction d'une câblerie-tréfilerie.

1935 : construction d'une décaperie.

1947 : nouveau laminoir pour la fabrication de tôles de grandes dimensions

1954 : nouveau laminoir pour la production de fils à partie de bandes de cuivre

1965 : construction d'un grand hall pour l'installation d'une presse de  1700 tonnes de poussée.

A partir de 1968, on abandonne le charbon comme combustible, on installe des fours à gaz.

1974 : c'est l'ultime extension de l'usine, on édifie un hall destiné à recevoir des fours à cloches servant à recuire sous vide les rouleaux de fils ou bandes pour leur garder un aspect brillant.

Le dernier acte est arrivé. Le 27 juin 1978, la faillite des usines de Moulins est prononcée. A ce moment, le personnel était déjà réduit à une centaine de personnes. 

En 1978, la société Trimex rachète l'actif de la société de Rosée mais l'expérience ne durera guère. 

Moulins, qi a connu pendant un siècle et demi, une activité grandissante et soutenue, Moulins désormais n'a plus d'autre avenir que celui d'une ruine industrielle. 

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L'usine de Rosée en 1910. 

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Prospectus des produits vendus en 1848.

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Aspect de l'usine lors de son plus grand développement.