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14/01/2017

René Compère est mort

R e n é   C o m p è r e   s ' e n  v a

SAM_4370.JPGRené Compère, fils de Robert et de Marcelle Ménagen, né le 10 mai 1935 et entré chez nous le 27 octobre 2016, est décédé à Sainte-Anne. La maladie a eu raison de son endurance. Il était l'aîné d'une fraterie de cinq enfants. Bien avant d'entrer à la résidence pour cause de maladie, René participait, en rendant visite à son épouse Angèle Delahaut, à la vie résidentielle, jouant au Loto, aux activités socioculturelles ou en prenant part au Conseil. Recourons à son récit de vie pour évoquer quelques épisodes de sa vie.

Il n'a guère eu de temps de faire des études : "Six années primaire à Graide, ensuite, j’ai travaillé avec papa, qui tenait un garage de vélos et motos". "J’ai fait connaissance de mon épouse, en jouant au foot, à Graide, je tenais le poste de centre-avant. J’ai commencé à jouer à 16 ans et j’ai terminé à 31 ans. J’étais un bon joueur de tête. Je suis supporter de Charleroi. Elle (mon épouse) venait me voir. Nous nous sommes mariés en 1961. Elle travaillait dans une menuiserie, elle était chantourneuse à Paliseul. Nous avons eu trois enfants : Marylin : née en 62 professeur de langues à Notre-Dame à Namur (mariée et divorcée, deux enfants Quentin et Aurore), Pascal : né en 65,  pensionné de l’armée, marié et deux enfants (Inès, Tom), Sabine : née en 67, secrétaire à l’atelier protégé à Beauraing, mariée, trois enfants  (Amandine, Lysiane, Augustine)"

"J’ai été garagiste à Graide, puis à Anhée toute ma vie. Mon épouse a travaillé à la menuiserie 6 ans, elle chantournait les bois. Ensuite elle es restée à la masion pour prendre soin des enfants. Mon épouse est entrée à Sainte-Anne, pour des raisons de problèmes de démence. C’est le docteur qui a décidé de son entrée".

René était un homme sociable et avenant. Etant donné sa profession, son intérêt pour les moteurs, nous créons une petite exception à notre analogie avec les oiseaux migrateurs. Pour René, pour l'aider dans son ultime élan, nous avons recours à un poétique vieux coucou. Qu'il assure à notre vieil ami un vol agréable vers les contrées de son choix.

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28/12/2016

Départ de Suzanne Van Rolleghem

Départ de Suzanne, merveilleuse fleur bleue

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Suzanne était née à Furfooz le 13 novembre 1939, elle est décédée à Dinant le 15 décembre 2016. Voilà un être spécial et charmant, une femme inhabituelle, pétillante, émouvante, exaltée, loquace, communicative, candide et débordante de passion, de rire et de désir de vivre. Une femme que sa maladie avait rendue inquiète mais sans parvenir à briser cette sorte d'allégresse qui l'habitait. Les épisodes douloureux n'ont pas manqué dans l'histoire de Suzanne (un père qu'elle aimait et qui meurt de la tuberculose quand elle a six ans, une mère abusive jusqu'à la fin) mais elle a gardé cette fraîcheur irrésistible, cet enthousiasme qui signaient la qualité de son caractère.

Elle ne souhaitait pas que son récit de vie circulât et je n'y recourrai par conséquent pratiquement pas. Suzanne, qui avait réussi de brillantes humanités, a travaillé dix ans à la Société générale de banque à Namur. Ensuite, après son mariage, à la demande de son époux, elle a cessé de travailler.  Elle a eu deux enfants, Patrice, adjudant à l'armée et père de Rapahaël et Isabelle, institutrice et mère de deux enfants, Noah et Célia. Elle était très attachée au chanteur français Hervé Villard qui représentait pour elle une sorte d'idéal. 

Interrogée sur ses goûts culturels, elle répondait : J’aime la musique, toutes les musiques, classique, surtout Mozart, il est vivant, variétés, Hervé Villard, Michel Sardou, Bourvil, Michel Delpech, Luis Mariano, Laurent Voulzy, Annie Cordy, les opérettes, l’opéra, Carmen, Madame Butterfly, La Traviata, Le Barbier de Séville…Je chante avec toi liberté de Nana Mouskouri, adapté de Nabuco de Verdi. J’aimais lire, à présent, moins. J’aimais les contes, les romans, la biographie d’Hervé Villard, … J’aimais les films : Bourvil, Michel Morgan (dans Miroir à deux faces), …

Lorsqu'elle se sentait bien, elle assistait aux activités où elle se faisait remarquer par son dynamisme, ses éclats de rire, sa culture générale et ses connaissances dans le domaine spécifique de la chanson. Elle aussi aimait la conversation, les entretiens. Je crois que la qualité qu'elle préférait était la bienveillance. Elle avait le goût du rire, celui de la bonne humeur et ne supportait pas le cynisme, la méchanceté. C'était un être positif, lumineux. J'ai fait beaucoup de photos d'elle dans cette robe bleue qu'elle portrait à merveille et qui la faisait ressembler à un coin de ciel. J'affiche ici, pour la célébrer et lui rendre hommage, les photos de notre dernière séance. 

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Que sa métamorphose en oiseau bleu s'accomplisse et que le ciel aimante ses battements d'ailes.

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Décès de Colette Famerée

Décès de Colette Famerée

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Colette était née à Barsy le 23 octobre 1943 et elle est décédée à la résidence Sainte-Anne de Dinant le 14 décembre 2016. Ses parents étaient agriculteurs et elle avait, après leur décès, continué à vivre dans la ferme de Barsy en ,compagnie de sa soeur Marie Plus tard, ayant perdu son autonomie, elle avait dû quitter la ferme pour rallier Sainte-Anne. C'était une des anciennes de la résidence, une des grandes fidèles des animations socioculturelles. Il fallait une raison majeure pour qu'elle n'en fût pas. Ces derniers temps, bien sûr, en raison de la maladie, elle gardait la chambre. Elle aimait la culture, les connaissances générales, le jeu et aussi les discussions sur le sens de la vie. Elle s'interrogeait sur la nature du destin posthume des gens. C'était un de ses soucis majeurs. Elle aimait la musique, le chant, la lecture (mais une vue très défaillante avait fini par la priver de ce plaisir). Elle avait eu un joli brin de voix et avait été membre de la chorale La Sagina que, à sa demande, nous avons invitée quelques fois dans notre chapelle. C'était un être humble, inquiet, craintif, attachant, souvent en retrait, s'estimant souvent mésestimée, une femme d'une nature douloureuse et insatisfaite et qui avait connu une vie assez pénible, dépourvue d'affection et d'attention. Nous avons souvent devisé en tête-à-tête. Bien qu'elle fût d'une nature sérieuse, elle ne détestait pas la taquinerie. Nous avons partagé quelques fous rires. Beaux et agréables moments.  Elle aimait manifester sa reconnaissance mais savait aussi protester. Le départ de Colette constitue à mes yeux un grand vide et un bouleversement affectif. Au fil du temps, une relation profonde et amicale s'était formée et avait généré une confiance mutuelle, désintéressée et loyale, et une complicité amicale. 

Son récit de vie est long, douloureux et je préfère l'évoquer en quelques mots. Elle était peu aimée d'un père brutal et colérique, dévalorisée souvent, se sentant brimée par lui. Elle vivait avec plus de tendresse sa relation à sa mère, une femme soumise mais affectueuse. Elle avait maintenu quelques relations qui lui rendaient visite dans sa chambre. Colette avait une sœur, Marie, décédée en 2000. Colette n'a pratiquement jamais quitté son Barsy natal. 

Que désormais ses ailes la portent à la rencontre du monde, de l'inconnu et du bienveillant.

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