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18/02/2014

Décès de Marcel Lurkin

A d i e u    à     L u l u

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photo Jacky Lepage

Notre ami Marcel Lurkin, affectueusement surnommé Lulu, vient de nous quitter ce 17 février 2014. C'était un être charmant que le tout récent décès de son épouse avait terriblement affecté. Nous nous souviendrons de son sourire désarmant, de son amour des automobiles, de ses narrations irrésistibles et de ses explications farfelues. Homme très attachant, toujours souriant, préservé de la mauvaise humeur, volontiers blagueur, être d'une très grande sensibilité, développant avec ses pairs des relations amicales, Lulu laisse un vide considérable. Nous nous souviendrons de sa sincérité parfois déchirante, de son ouverture d'esprit, de sa profonde courtoisie. Nous nous souviendrons avec bonheur de ses nombreuses ascensions du Mont Ventoux sur le motomed (vélo de l'atelier kiné), avec quelques haltes pour siroter son café. Après un certain temps de pédalage, il affirmait qu'il était au moins parvenu à Yvoir. Nous nous souviendrons de son bel appétit, il était très gourmand aux déjeuners spécifiques, amateur de gros sandwichs, d'omelettes et des desserts du groupe. Lulu était toujours de très bonne composition lors des sorties de groupe. Il racontait comment, enfant, il effectuait la vertigineuse descente de la route de Philippeville en traîneau jusqu'au passage à niveau. Il évoquait couramment ses chiens avec lesquels il partait en voiture faire la véritable ascension du Mont Ventoux. Il nous laisse les signes chaleureux et bienfaisants de son passage parmi nous. Lulu, né en janvier 1927, était entré à la résidence le 18 août 2011. 

Nous reproduisons ici le récit de vie de Marcel.

Mon père, c’est Edmond Lurkin, il travaillait aux Chemins de fer à Givet et sur la frontière belge. Ma maman, Alice Rodrigue, était mère au foyer. Elle est née à Evrehailles en 1898. Papa aussi mais en 1896. Ils se sont mariés mais j’ignore à quelle date. Je crois en fait que je ne l’ai jamais su. J’ai un frère, André, il était sept ans plus jeune que moi. Mon enfance était une époque très heureuse. Mon frère André est décédé à l’âge de 75 ans. Un grand chagrin. Chez nous régnait une très bonne entente entre les parents et entre les parents et les enfants. J’ai fait l’école primaire aux Frères des Ecoles Chrétiennes, dans la rue En Rhée. Ensuite, je suis entré à l’Athénée Sax, mes parents n’étant pas assez riches pour je fréquente Bellevue. A l’époque, cela coûtait cher. J’ai fait mes humanités (économiques) à l’Athénée. Je n’étais pas très fort en math, j’ai évité les écueils en cherchant des branches où les cours de math n’étaient pas prépondérants. (Je suis né en 27). Après mes humanités, je suis entré aux Chemins de fer, j’ai passé un examen à Dinant, je l’ai réussi.J’ai réussi l’examen mais j’ai abandonné l’idée d’entrer aux Chemins de fer, je suis entré à la Banque Générale (j’étais ami avec le fils du directeur) le 28 octobre 1947. Voilà, ça c’est bon, je me souviens. Je pense que ça marche au niveau des dates. Je suis entré directement au siège de Namur, après avoir réussi l’examen d’entrée à Namur, fin octobre. Il fallait du personnel tout de suite, je suis entré et j’ai renoncé aux Chemins de fer. Cela n’a pas posé problème pour mon père, il était content de la place que je décrochais.Papa est décédé en 62, ça correspond avec la mort de Kennedy. Je crois que c’était le 22 novembre. Il avait un cancer des poumons, il fumait, il roulait lui-même des cigarettes. Moi aussi, j’ai fumé mais devant le décès de mon père, j’ai cessé de fumer, je n’ai plus jamais touché une cigarette. Maman est décédée le premier avril de je ne sais plus quelle année, elle a vécu longtemps après le décès de papa, elle pouvait avoir 85 ans, je crois. Je crois que c’est cela. Cela concorde. Mon frère a commencé au pied de l’échelle comme menuisier, ici à Dinant. Ensuite, il est retourné aux cours du soir, il est entré à Bruxelles comme menuisier spécialisé dans une grosse maison (Vandenborg, 1300 ouvriers et employés). Mais la maison a fait faillite. Il a repris un magasin de menuiserie. Le magasin a marché pendant 2 ou 3 ans. Et puis nous arrivons à une période difficile, il a revendu son magasin parce qu’il sentait le déclin. Il a erré et chahuté beaucoup, c’était une personnalité !, puis il a retravaillé comme chef de service dans un magasin de menuiserie. Il a fini sa carrière, oh, c’était un aventurier, mon frère, il a été travaillé en Arabie Saoudite pour le compte de ce magasin. Il était chef de service là-bas, il avait sous ses ordres les Arabes et des gens qui travaillaient pour l’Irak. Il a fui juste avant le début des hostilités. Il avait une femme et deux enfants en Belgique, il voulait aussi les retrouver. De retour ici, il est parvenu à retrouver une place dans une firme et y est resté jusqu’à sa pension. Ses enfants s’appellent Christine, qui doit avoir 41 ans et est infirmière à l’hôpital Saint-Pierre à Ottignies, et Daniel, 48 ans, commandant à l’Armée. Ils sont en vie et ont bien réussi. J’ai des contacts avec eux.Je suis entré à la banque en 47 au « Service portefeuilles étrangers et Belgique » et j’y suis resté jusqu’à la fin de ma carrière. J’étais devenu un spécialiste. Je m’occupais du travail avec le service Belgique, puis le service européen (Italie, France, Espagne). Je m’occupais de l’escompte, du crédit après encaissement, de tous les documents relatifs à la situation d’immédiate après-guerre : veiller au respect et à l’application de toutes les nouvelles lois qui fleurissaient à cette époque. J’ai rencontré mon épouse, elle travaillait à Bruxelles chez un grand couturier, Porte de Namur. Je ne me souviens pas de son nom. Je ne sais plus. Il était très renommé. Elle était spécialisée dans les habits de dames. Elle a fait ses études à Bruxelles, puis a poursuivi comme apprentie chez ce couturier. Elle a travaillé là de 18 à 22 ans. La première fois, je l’ai vue au cinéma. Oui, je crois que c’est notre première rencontre, devant le cinéma. Cela fait 58 ans que nous sommes mariés ; un record à l’heure actuelle. J’allais au cinéma voir un film, j’ai oublié lequel, et je l’ai vue. J’ai été charmé au premier coup d’œil. Son père était projectionniste. Évidemment, nous nous retrouvions dans ce cinéma. J’étais militaire, à cette époque. Je faisais mon service à la caserne d’Etterbeek. J’avais un oncle qui connaissait un des commandants de l’époque et, grâce à son intervention, j’ai pu faire tout mon service à Bruxelles. Comme j’avais déjà travaillé à la banque, je savais taper à la machine et cela s’est avéré utile pour mon maintien.Marie-Thérèse, c’est son prénom, a continué à travailler chez le couturier. Nous avons pris la décision de nous marier alors que nous nous connaissions depuis 4 ans. Nous nous sommes mariés dans l’église du Sacré-Cœur d’Etterbeek. J’ai décidé, suite à une proposition de la direction, de rallier les équipes qui assumaient les sections de Dinant et de Namur. J’ai terminé comme Chef de service adjoint et j’avais la responsabilité des 19 agences du Namurois. Mon épouse a travaillé à domicile comme couturière. Nous avons fait construire à Dinant, route de Philippeville. Et nous avons vécu là jusqu’à présent. Il y a 24 ans que mon épouse et moi sommes pensionnés. Nous avons pris notre pension en même temps. Là, il me semble que j’ai fait le tour. Oui, je crois que ça convient.

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07/02/2014

Marthe Horgnies s'est en allée

Nous portons à votre connaissance le départ ce 31 janvier de notre chère 

SAM_1912.JPGMARTHE HORGNIES

Marthe Horgnies nous a quittés ce 31 janvier 2014, deux ans, jour pour jour, après son entrée à la résidence. Marthe était née le 25 mai 1919. Elle avait une fille et avait exercé la profession d'infirmière. Ces derniers temps, elle s'étiolait progressivement et ne sortait plus guère de sa chambre. Mais c'est une résidante qui laisse une excellente impression à ceux qui l'ont approchée. J'interrogeais mes consoeurs et leur demandais d'évoquer un peu la personnalité de Marthe. Elle était, m'a-t-on dit, coquette, charmante et c'était un plaisir de la vêtir. C'était une femme à la fois simple et raffinée. Elle était d'une nature discrète et toujours pleine de reconnaissance envers celles et ceux qui lui manifestaient de l'attention et de l'intérêt. C'était une personne qui avait du savoir-vivre, de la prestance, un maintien, du tact, une éducation. Ses rapports aux autres s'établissaient toujours sous le signe de la courtoisie et de la bienveillance. On lui attribue un petit air british, une allure, un humour anglais et une belle qualité de sourire dans la composition duquel entrait une petite pointe de malice. Elle prenait son petit café, augmenté d'un sucre, avec beaucoup de grâce et de distinction. Je la trouvais, pour ma part, très attachante, et ces derniers temps épuisée mais toujours d'une grande cordialité. Et j'ai toujours pensé qu'elle eût fait à l'écran une merveilleuse Miss Marple, l'héroïne d'Agatha Christie. C'est avec chagrin que nous prenons congé de cette belle et charmante personnalité. A présent qu'elle a pris son envol, peut-être souhaitera-t-elle agrémenter sa cup of tea d'un nuage de ciel bleuté. Nous lui souhaitons des espaces accueillants, des lieux agrémentés de napperons de dentelle, une garde-robe ornée de robes superbes, de paires d'ailes rutilantes et un juchoir confortable avec vue sur de merveilleux jardins anglais.

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30/01/2014

Décès de Germaine Cravatte

SL702079.JPGLE DEPART DE LA DAME DE BOUVIGNES

Nous apprenons ce matin le décès de notre amie Germaine Cravatte. Elle entre dans le mémorial des oiseaux migrateurs. Germaine est une des anciennes de la résidence. Charmante, discrète, aimable, modeste, chaleureuse, Germaine était une vieille habituée de nos activités. Elle y avait sa place et jouissait de l'estime générale. Elle excellait dans les épreuves concernant les acteurs, les chanteurs, le cinéma, les célébrités. Elle était imbattable sur le sujet. Elle a eu très longtemps une jolie voix. Elle avait, ces derniers temps, surmonté de gros problèmes de santé et parcourait encore quotidiennement la longue distance qui menait de sa chambre, tout au fond de l'aile, à notre local animation. C'est long, se plaignait-elle avec un demi-sourire, mais elle venait. Et elle participait avec un réel entrain. Elle aimait la taquinerie et savait retourner la plaisanterie avec une œillade complice. Voilà des petits points d'or relationnels : des temps de complicité, d'entente, de confiance, des échanges de sourire, des instants de compréhension muette, la traversée d'un couloir bras dessus bras dessous, la bienfaisance d'un geste amical... Toutes ces choses acquièrent leur valeur réelle et profonde lorsque l'on en est définitivement privé. L'absence de Germaine se marque. Très souvent, pratiquement quotidiennement, sa fille lui rendait visite. On voyait souvent son fils, ouvrier chez nous, en visite. Avant même son entrée chez nous en juin 2005, j'ai souvenir des visites qu'elle rendait à sa soeur Denise. Germaine avait trois enfants, deux fils et une fille à qui nous présentons nos plus respectueuses marques de sympathie. C'est un déchirement de la perdre. Sans doute les gens tentent-ils de relativiser les départs avec la vieillesse. Oui, sans doute, mais quand l'attachement existe, le départ reste une perte douloureuse. Celui de Germaine en est une.  Il y a pas mal de temps déjà, notre charmante stagiaire Wendy avait réalisé une petite interview d'elle dont nous plaçons ici le lien.

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Photo Jacky Lepage

http://residencesainteanne.skynetblogs.be/interview-germa...

Ayant habité Bouvignes, Germaine, pour notre Messager, avait raconté la légende des Dames de Crève-cœur. C'est pour nous un réel chagrin de perdre cette amie très chère, très loyale et fidèle. Nous lui adressons des adieux chaleureux. Ses obsèques seront célébrées à la chapelle ce samedi 1er février à 15.00.

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