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25/02/2017

Départ de Jules Ancion

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Jules Ancion vient de nous quitter cette nuit. C'était un être affable, courtois et hospitalier. Bien qu'il ne quittât pratiquement pas sa chambre (en raison du respirateur dont il avait sans cesse besoin) c'était toujours un plaisir de le visiter, d'échanger quelques mots avec lui. Pour évoquer sa mémoire, je retranscris son récit de vie et rappelle l' article qu'il a publié dans notre blog.

Son article sur le blog : http://residencesainte-anne2.skynetblogs.be/jules-a...

Son récit de vie :

COMPOSITION DE FAMILLE :

Je suis né le 19 janvier 1929. C’était un vendredi. Ma mère me l’a dit. Mon père s’appelait Jean Ancion, né en mai 1895 et mort en mai 1949. Il était agriculteur. C’était un homme doux qui menait une vie paisible. Ma mère s’appelait Germaine Genain, née le 2 juin 1902 et décédée le 31 décembre 1970. Je m’en souviens très bien. A la suite de son décès, j’ai fait une dépression. Je lui étais très attaché. C’était une très gentille personne, très douce.

Nous étions cinq enfants :

Olivier, né en septembre 1927, décédé il y a 3 ou 4 ans. Il était rédacteur aux bâtiments militaires. Il a un fils qui s’appelle Jean.

Moi

Marie-Thérèse, née le 27 février 1930, décédée à Falmagne il y a une bonne quinzaine d’années. Elle était agricultrice.

Ernest, né le 18 juin 1932, toujours en vie. Marié, sans enfant. Il était agriculteur à Sart-Saint-Laurent avec moi. Nous avons fait carrière ensemble toute notre vie.

Jacques (1934-1978) était employé aux Ponts et Chaussées. Marié, il était père de cinq enfants : Marie-Christine, Jean-François, Bruno, Vincent, Denis.

SCOLARITÉ 

Je n’aimais pas trop l’école. J’ai fait mes primaires à Sart-Saint-Laurent. J’ai ensuite fait trois latines à Fosses-la-Ville. J’ai cessé les études et me suis mis au travail avec mon père qui était déjà malade. J’ai repris la ferme.

MARIAGE

J’ai rencontré mon épouse lors de la Kermesse de la Lesse en 1952. Elle s’appelait Andrée Marchal (30 mai 1932-2012). Nous nous sommes mariés le 27 juillet 1957. Elle a été employée chez Cooptel (une société qui vendait de l’électroménager). Elle a débuté à Auvelais. Elle a fait toute sa carrière là. Elle a été prépensionnée en 1997. Ensemble, nous avons eu deux enfants :

Bernadette, née en octobre 1958. Elle a épousé Alain. Ils ont eu deux enfants. D’abord Amandine, née en 1987, qui est institutrice à Bois-de-Villers et qui a deux enfants, Basile et Cilou.  Ensuite Quentin, né en 1989, il est représentant et n’est pas marié.

Alain, né en 1960, a épousé Marie-Cécile. Ils ont deux enfants : Bertrand (ouvrier, célibataire) et Maxime (policier, célibataire). Alain est officier dans la marine marchande, commandant à bord du Distrigaz, à quai à Marseille pour l’instant, fin juin 2015). Mes enfants me visitent très souvent, ma fille deux fois par semaine et dès que mon fils est de retour à terre, il est là tous les jours.

Mon épouse était une femme possessive dans le bon sens du terme, très attachée aux siens. Elle avait et donnait beaucoup d’amour, elle possédait un cœur gros comme ça, je l’ai beaucoup aimée. Je n’ai aimé personne autant qu’elle. J’ai été très heureux avec elle. Nous avons fêté nos noces d’or en 2007. Nous étions partis en vacances à Tenerife en 2010. Elle a fait une hémorragie cérébrale. Nous avons eu une vie conjugale heureuse. Cela a été un chagrin immense de la perdre. Le chagrin ne s’efface pas. Parmi nos grands souvenirs, il y a d’abord la naissance de nos enfants. D’abord, notre première, Bernadette, née à Sainte-Elisabeth à Namur. Pour la naissance, j’étais auprès d’elle. Pour la seconde naissance, les choses étaient un peu plus compliquées. Notre fils avait le cordon autour du cou. On a craint pour sa vie. Je me souviens que, d’inquiétude, j’ai perdu connaissance. Par bonheur, tout s’est bien passé.

SANTÉ

Durant l’enfance, je n’ai pas connu de réels problèmes de santé si ce n’est les maladies ordinaires à cette époque de la vie. Aujourd’hui, c’est autre chose. Le matériel est usé. J’ai fait deux très sérieuses broncho-pneumonies. J’ai dû être hospitalisé les deux fois. Aujourd’hui, je suis souvent sous oxygène. Je ne peux plus guère me déplacer.

ENTRÉE À SAINTE-ANNE 

J’ai décidé de venir ici. J’ai pris conscience du fait que mes enfants se tracassaient beaucoup à mon sujet, ils se disaient que j’étais seul, sans aide en cas de problème, de chute. J’ai pensé que s’il m’arrivait quelque chose je n’étais pas en état de me déplacer. J’ai compris que j’avais besoin d’un lieu où je serais surveillé et assisté. J’ai décidé et mes enfants ont été d’accord avec moi. J’avais déjà voulu prendre cette décision à la première bronchite. Puis, guéri, j’ai pensé que ça irait. A la seconde bronchite, j’ai compris qu’il fallait décider.

Je m’adapte bien ici, je ne regrette pas mon choix. Ma fille vient deux fois par semaine et mon fils, dès qu’il est à terre, est auprès de moi. Je ne regrette pas mon choix. Les pensionnaires sont bien considérés ici. Les soins qu’on m’apporte sont adaptés. Ça me convient bien. Le seul problème, j’ai l’impression que le temps de réponse à l’appel est parfois un peu long.

GOÛTS ALIMENTAIRES

Je mange tout. Je n’ai pas de préférences. Tout me convient. La nourriture ici me convient.

GOÛTS CULTURELS

J’ai toujours eu le goût des actualités, j’ai toujours manifesté cette curiosité, depuis l’enfance. Dès que j’ai pu lire. Je me souviens qu’en 1940, j’avais 11 ans. J’ai dit à notre instituteur que j’avais écouté les nouvelles et le discours du Maréchal Pépin. L’instituteur s’est esclaffé. Cette confusion entre Pétain et Pépin m’a amené à la conclusion que je devais être plus attentif encore. J’ai commencé à écouter et à enregistrer avec plus d’attention. Je me souviens qu’à cette époque Rina Ketty chantait « J’attendrai ». Je me souviens aussi, par exemple, du navire Graf Von Spee qui, en 1939, à Montevideo, s’est sabordé au sortir du port. J’avais 10 ans, ces informations, énoncées à la radio, retenaient mon attention. Je me souviens d’un grand nombre de choses de cette nature, des informations de l’époque. Aujourd’hui encore, je suis attentif aux nouvelles et aux informations. Cet intérêt est demeuré intact.

J’ai aussi le goût de la lecture, le goût des ouvrages historiques (du XVIIIe au XXIe s.) J’aime aussi quelques policiers. (J’ai mis en dépôt chez lui un grand nombre de revues sur la guerre prélevées dans notre bibliothèque).

Nous voyons s'envoler notre ami Jules avec beaucoup de chagrin. Nous souhaitons pour lui des ciels bleus enflés d'oxygène et de clarté et des retrouvailles chaleureuses avec son oiselle bien-aimée.

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Départ d'Odette Malaise

EdA_267004_p__100568_120170203170048_2.jpgODETTE S'EN EST ALLÉE

C'était, non pas la plus âgée, mais la plus ancienne de la Résidence car elle était entrée chez nous en 1996, avant l'installation de la maison de repos à Sainte-Anne., lorsque le home était encore sis rue Bribosia, à Dinant.

Elle était née le 22 janvier 1934. Odette était une personnalité marquante de la résidence, une Saintannaise éminente et pittoresque. Tout le monde la connaissait et la reconnaissait. On connaissait sa sensibilité à fleur de peau, son bon appétit, sa piété, sa gentillesse, ses petits épisodes de versatilité, ses trémolos émus, l'originalité de son parler, ses mouvements d'humeur, les petits surnoms qu'elle attribuait aux gens. Mi p'tit Poyon était sans doute sa formulation préférée.

Elle aimait parler, rire, plaisanter, elle aimait qu'on s'attardât auprès d'elle, qu'on lui consacrât quelques minutes. Elle aimait les gentils positifs et enthousiastes, elle avait le goût des photographies et des pâtisseries. Elle assistait parfois aux activités, selon ses humeurs. C'était un être émouvant et attachant. Elle témoignait d'une grande affection pour les membres de sa famille et longtemps après le décès de ses parents s'émouvait encore à chaudes larmes de leur disparition. Il n'y a pas de grandes déclarations à faire sur Odette si ce n'est qu'elle avait atteint à la dimension du monument résidentiel. C'était une présence vibrante. Nous la regretterons.

Nous souhaitons à notre chère Odette des nichoirs douillets et lumineux établis dans des pays bienveillants. 

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14/01/2017

René Compère est mort

R e n é   C o m p è r e   s ' e n  v a

SAM_4370.JPGRené Compère, fils de Robert et de Marcelle Ménagen, né le 10 mai 1935 et entré chez nous le 27 octobre 2016, est décédé à Sainte-Anne. La maladie a eu raison de son endurance. Il était l'aîné d'une fraterie de cinq enfants. Bien avant d'entrer à la résidence pour cause de maladie, René participait, en rendant visite à son épouse Angèle Delahaut, à la vie résidentielle, jouant au Loto, aux activités socioculturelles ou en prenant part au Conseil. Recourons à son récit de vie pour évoquer quelques épisodes de sa vie.

Il n'a guère eu de temps de faire des études : "Six années primaire à Graide, ensuite, j’ai travaillé avec papa, qui tenait un garage de vélos et motos". "J’ai fait connaissance de mon épouse, en jouant au foot, à Graide, je tenais le poste de centre-avant. J’ai commencé à jouer à 16 ans et j’ai terminé à 31 ans. J’étais un bon joueur de tête. Je suis supporter de Charleroi. Elle (mon épouse) venait me voir. Nous nous sommes mariés en 1961. Elle travaillait dans une menuiserie, elle était chantourneuse à Paliseul. Nous avons eu trois enfants : Marylin : née en 62 professeur de langues à Notre-Dame à Namur (mariée et divorcée, deux enfants Quentin et Aurore), Pascal : né en 65,  pensionné de l’armée, marié et deux enfants (Inès, Tom), Sabine : née en 67, secrétaire à l’atelier protégé à Beauraing, mariée, trois enfants  (Amandine, Lysiane, Augustine)"

"J’ai été garagiste à Graide, puis à Anhée toute ma vie. Mon épouse a travaillé à la menuiserie 6 ans, elle chantournait les bois. Ensuite elle es restée à la masion pour prendre soin des enfants. Mon épouse est entrée à Sainte-Anne, pour des raisons de problèmes de démence. C’est le docteur qui a décidé de son entrée".

René était un homme sociable et avenant. Etant donné sa profession, son intérêt pour les moteurs, nous créons une petite exception à notre analogie avec les oiseaux migrateurs. Pour René, pour l'aider dans son ultime élan, nous avons recours à un poétique vieux coucou. Qu'il assure à notre vieil ami un vol agréable vers les contrées de son choix.

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