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03/09/2014

Anne-Marie Boulard

ANNE-MARIE NOUS QUITTE

Ce 25 août, notre amie Anne-Marie Boulard nous a quittés de façon inopinée. Dans notre résidence, c’était une des cadettes. Elle avait beaucoup de qualités. Nous avons aimé son aménité, sa grande sensibilité, son sourire avenant, sa courtoisie, sa volonté. Anne-Marie a fréquenté nos activités de l’après-midi et nous avons pour elle une grande amitié et une profonde estime. Anne-Marie était aussi une grande lectrice (une des plus fidèles clientes de notre bibliothèque) et une femme cultivée. Son décès nous attriste. Dans le groupe que nous constituons, elle jouissait de la considération générale. Chacun a été ému et bouleversé par son départ. Nous présentons nos condoléances à toute sa famille, son époux, ses enfants. Nous faisons pour elle le souhait d'une migration paisible vers des lieux accueillants et chaleureux.

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Anne-Marie et son époux en mai 2013, lors de la célébration des anniversaires

Nous reproduisons son récit de vie dans lequel elle évoque son parcours.

Née le 23 octobre 1944

Composition de famille :

Frère et sœur :

Une sœur : Marie-Thérèse, née en 1940 et a 4 ans de plus. Elle habite à Erpent, c’est une femme au foyer qui gardait des enfants.

Parents :

Edmond Boulard : Il travaillait à la poste, il était grand (mesurait plus ou moins 1m85).

Rosine Fastré : C’était une femme au foyer, elle était petite.

Mes parents habitaient à Jambes, rue de Copains. J’avais une très bonne relation avec mes parents. Ils étaient très gentils avec moi et ma sœur. Je me rappelle encore que je tapissais la maison de mes grands-parents avec mon père. J’aidais aussi ma mère qui s’occupait du jardin de ma grand-mère.

Scolarité :

Tout d’abord, en primaire, je suis allée chez les sœurs à Jambes. Ensuite, j’ai fait toutes mes secondaires à Namur. J’ai appris la couture à l’école. Pour finir, j’ai fait des études en secrétariat. J’ai un très bon souvenir de l’école. J’y ai passé de très bons moments. J’ai  pu en profiter et j’ai beaucoup aimé cette période.

Maintenant, si je pouvais refaire des études, je me serais lancée dans des études d’infirmière. J’aurais bien voulu m’occuper des autres, surtout des personnes âgées. Cela m’aurait bien plu. J’ai toujours bien aimé m’occuper des autres. Je n’ai pas pu faire ces études car mes parents n’avaient pas assez d’argent pour pouvoir me payer cela. A l’époque, nous n’avions pas les moyens.

Problèmes spécifiques pendant l’enfance :

Pendant mon enfance, j’étais en bonne santé. Je n’ai pas eu de problème spécifique. La vie à la maison se passait bien. Je jouais beaucoup et je lisais beaucoup. Je faisais beaucoup d’activités avec ma sœur.

Lorsque j’étais enfant, j’ai perdu mes grands-parents. J’ai eu beaucoup de peine à leur mort. Surtout qu’a l’époque, nous faisions de grandes cérémonies pour la mort d’un proche. L’enterrement était difficile. J’ai surtout éprouvé des difficultés pour mon grand-père. Je l’aimais beaucoup, ma grand-mère aussi mais je faisais beaucoup de choses avec mon grand-père. Je me souviens que nous allions aux champignons dans les bois.

Problème de santé aujourd’hui :

J’ai quelques soucis de santé. Pour le moment, je voudrais guérir car j’aimerais retourner dans la résidence-services auprès de mon mari.

Episodes de la vie :

Mariage :

Oui je me suis mariée. Mon conjoint est Paul Crispeels, il vit ici à côté, à la résidence-services. Moi aussi je vivais avec lui avant ma chute. Il était instituteur primaire à Namur. Il travaillait dans une école avec des enfants venant d’un milieu défavorisé. Il aimait beaucoup cela. Nous nous sommes mariés quand j’avais 21 ans. C’était en 1965, en juillet. Mais je ne sais plus la date.

Nous nous sommes rencontrés lors d’un bal. Je l’avais vu, il dansait comme un pied. Nous avons dansé ensemble. Le lendemain, il m’avait donné rendez-vous au pont de Jambes. C’est comme cela que nous nous sommes rencontrés.

Je me suis toujours bien entendue avec mon mari.

Descendance :

J’ai eu 4 enfants avec mon mari. Malheureusement, nous avons perdu Pierre. Il aurait 22 ans aujourd’hui. Notre aîné s’appelle François, il a 46 ans et il est directeur. Jean, notre deuxième fils à 35 ans. Il construit des machines agricoles et Louis, lui a 33 ans. Il est enseignant comme mon mari.

Je suis contente car nous avons 3 belles-filles qui s’entendent très bien entre elles. En plus elles sont toutes les trois très jolies. Elles font très bien la cuisine et s’organisent entre elles pour les fêtes de famille. Une fait le gâteau, les autres préparent autre chose.

Événements importants :

Comme évènements importants, il y a eu mon mariage et la naissance de mes enfants bien sûr. Nous avons aussi beaucoup visité la France quand je marchais encore bien. Nous n’aimions pas la mer, mais beaucoup la nature. Nous faisions beaucoup de promenades avec mon mari dans les bois et dans la nature. Je me souviens aussi de notre grande maison à Lustin. Il y avait 7 chambres. C’est dans cette maison que je gardais des enfants, j’ai gardé plus de 1000 enfants en tout. Tout le monde pouvait venir. C’était mon métier de garder les enfants, j’aimais beaucoup cela. Mon mari m’aidait quand il avait le temps, lui aussi aime beaucoup les enfants. Je n’ai jamais eu de problème sauf une fois une femme qui n’a pas payé mais elle n’est jamais revenue. Une fois, nous avons eu des triplés. C’était très chouette, on marquait leurs prénoms sur leurs chaussures pour les différencier.

Entrée à Sainte-Anne :

Nous sommes venus à Sainte-Anne car je suis née à Sorinnes et je voulais m’en rapprocher. C’est moi qui ai décidé de venir ici mais mon mari était aussi d’accord. Normalement je suis à la résidence-services. J’aimerais bien y retourner mais je dois attendre de me faire opérer. C’est pour bientôt. Après mon opération j’espère que ça ira mieux pour retourner près de mon mari.

Mais je suis bien ici avec Renée, j’ai besoin de calme et avec Renée tout se passe bien.

Goûts culturels :

En musique, j’aime Brel, Brassens, Ferrat. J’ai même dans la résidence à côté une grande photo de Ferrat avec Brassens. J’aime bien la musique classique et la variété française. Tous les matins, quand j’étais là-bas, nous écoutions de la musique classique comme Vivaldi.

Je lis beaucoup aussi, je ne lis que des romans.

De temps en temps, je regarde la tv. Mon mari aime bien le foot et regarde parfois des matches. Je regarde avec lui, même si je ne suis pas fan de foot.

Goûts alimentaires :

Comme boisson, j’aime bien boire une bière brune. Je mange beaucoup de produits frais, surtout des légumes. Quand j’étais à la résidence-services, c’est mon mari qui cuisinait car avec mes problèmes je ne pouvais plus le faire. Il fait très bien à manger.

Mon plat préféré, ce sont les frites mais j’aime aussi manger des spaghettis à la sauce bolognaise.

Je n’aime pas trop la nourriture d’ici mais la nourriture ne peut pas plaire à tous les résidents.

Loisirs, hobbies, passions :

Ce que je préfère c’est garder des enfants, j’en ai gardé plus de 1000 dans ma maison.

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23/07/2014

Bon voyage Charlotte

                                  Au revoir Charlotte                                                          

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Charlotte, notre Malgache bien-aimée vient de nous quitter. Un vent de chagrin souffle sur la résidence. La peine est profonde, lourde. D'ores et déjà, à bord de son cercueil blindé et dans sa belle robe fleurie, Charlotte navigue vers son Madagascar natal. Elle laisse dans son sillage un souvenir fleuri, ensoleillé, une grande marque de lumière. La belle Charlotte s'est vaillamment battue, avec sa foi, son sourire merveilleux, sa force, toute sa capacité d'espérance. Elle a cru en son rétablissement, nous lui avons emboîté le pas. Charlotte a remarché. Elle a partagé avec nous sa bonne humeur, sa grâce, son désir de vaincre. Elle a ému tout le monde. Charlotte est un être unique, charmant, animé par l'amour de Dieu, très attentif à tous, un être délicat, intelligent, chaleureux, généreux. Il est inutile sans doute d'empiler aujourd'hui les adjectifs et les superlatifs. Pourtant, afin de lui rendre justice, il faut s'exprimer ainsi, généreusement, sans compter. Mais nous avons pris le temps de lui dire de vive voix tout le bien que nous pensions d'elle et toute l'affection qu'elle nous inspirait. Sa vie n'a pas été facile, elle a souvent été traversée par les deuils, les séparations, la distance, le manque. Et pourtant, Charlotte produisait de la lumière, une lumière ardente et aromatisée d'un délicieux miel d'humanité.  Nous sommes heureux d'avoir croisé sa trajectoire. Nous lui adressons des remerciements affectueux. Nous lui souhaitons un agréable envol vers l'Océan Indien, un lent vol escorté d'essaims de fuligules, de dendrocygnes et d'anserelles et un glorieux atterrissage entre les allées de baobabs et les magnifiques éventails des arbres du voyageur. Nous souhaitons pour toutes les espérances que Charlotte entretenait des exaucements chaleureux et lumineux.

Revoir nos articles illustrés consacrés à la belle Charlotte :

http://residencesainte-anne2.skynetblogs.be/evenements-ex...
http://residencesainte-anne2.skynetblogs.be/cours-d-informatique/ 
http://residencesainte-anne2.skynetblogs.be/la-boutique-d...

 

Charlotte est née le 4 novembre 1954, à Madagascar, dans l’Océan Indien, au large de l’Afrique. Ses parents étaient agriculteurs et cumulaient des fonctions. Son père était aussi mécanicien et charron, sa maman, ménagère et mère au foyer. Charlotte a vécu à Madagascar jusqu’en 1993.

Aînée de la famille, elle a 7 frères et sœurs : Tatienne (décédée à l’âge de 30 ans d’une grossesse extra-utérine il y a une dizaine d’années), Yolande, Donatien, Hans-Sauveur-Henri (décédé le 29 septembre 2012), Aldier-Charles, Alexandre (décédé il y a 8 ans) et Elie-Jean.

Sa maman, Alexandrine, vit toujours à Madagascar. Son papa, Laurent, est décédé il y a 12 ans. Ils sont ou étaient tous catholiques.

« Mon grand-père paternel était charron et mon grand-père maternel était rescapé de l’armée française de 14-18. Comme il était un excellent cuisinier, il est devenu le cuisinier du curé de Tsihombé. (commune urbaine malgache) et de l’évêque de Fort-Dauphin (ville du sud de Madagascar). C’est ainsi que tous les enfants de notre grand-père ont été scolarisés chez les Sœurs. C’est là que réside l’origine de notre instruction ».

« J’ai fréquenté l’école à Morondava chez les Sœurs de l’Immaculée Conception pour mon cycle d’études primaires.

Après l’école primaire chez les Sœurs, c’est le lycée. J’ai passé mon baccalauréat à Tulear (ville du sud-ouest de Madagascar) ».

« J’étais chef des guides. J’étais une jeune fille sportive, j’ai joué au basket dans l’équipe du Lycée Laurent Botokeky (homme politique, sénateur malgache et Ministre de l’Enseignement). J’ai ensuite fréquenté l’université à Tananarive, la capitale économique et politique de Madagascar. J’ai entrepris des études de droit. »

« Pour une suite de raisons économiques (pauvreté, grèves, famine), j’ai opté pour un concours en assistante d’administration. J’ai été sélectionnée parmi les 5 personnes admises et j’ai été engagée comme secrétaire particulière du Doyen de l’université section ESDGS (économie, sociologie, droit et gestion). Il fallait évidemment que je travaille pour venir en aide à mes parents. Je vivais à plus de 1000 km de la maison parentale  J’envoyais de l’argent à Maman pour la subsistance familiale. Chez nous, c’était une région de petit élevage libre, les chèvres et le bétail (quelques bœufs ou vaches) circulaient dans des espaces non clos »

« J’ai sollicité le soutien du Doyen de l’Université pour me rendre en Europe. Il a pu intercéder pour moi. »

« En 1993, je suis arrivée à Paris. (J’y étais déjà venue en vacances). Je suis ensuite venue à Dinant où j’avais de la famille, des cousines. » Ma première venue à Dinant  a eu lieu à l’occasion de la petite communion de mon futur neveu.

« Là, j’ai fait la connaissance de mon futur époux. Nous nous sommes mariés en 1993. Nous avions déjà entretenu une correspondance durant un an. Mon futur mari et ma famille de Paris m’ont accueillie à mon arrivée. Ensuite, après notre mariage, nous habitions, mon époux et moi, chez mes beaux-parents pendant neuf mois avant de louer notre propre demeure. Ensuite, nous avons acheté une belle maison à Neffe. Durant le temps qu’a duré notre mariage, sept années, je n’ai pas travaillé ».

« Après le divorce, je fais des stages de réajustement au Forem comme secrétaire. J’ai fait des stages au Campus à Namur, j’ai un peu travaillé dans les familles. J’ai ensuite travaillé comme assistante maternelle à Bellevue. C’est là, en 2009, que la récidive de ma maladie s’est déclarée. Elle était apparue une première fois en l’an 2000. »

« Aujourd’hui, je suis à Sainte-Anne, momentanément, je l’espère, si la chimio s’avère efficace. »  

Bon voyage Charlotte

Décès de Mme Denise Dethise

Au revoir Denise

Nous avons le regret de vous annoncer le décès de Mme Denise Dethise, veuve de Monsieur Fernand Philippot, à l'âge de 92 ans.

Denise est née à Feschaux le 7 juillet 1922 et entrée à la résidence le 5 Août 2013.

Mme Dethise était une dame discrète qui a cependant marqué de son empreinte la résidence.

Denise repose au Funérarium ROGER à Beauraing. Les funérailles religieuses seront célébrées en l'Eglise Saint jean Baptiste de Feschaux, le jeudi 24 juillet 2014 à 10 h 30.

Nous adressons nos plus ferventes condoléances à toute la famille.