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26/07/2017

Haut-le-Wastia en cartes-vues (Première partie : Le village)

Avant-propos

A regarder Haut-le-Wastia du fond de la vallée de la Molignée à Warnant, on croirait voir un village perché tant les maisons semblent construites au bord de la colline.

Ce n'est qu'une illusion, car le village s'étend vers la plaine de Sommière ou bien descend la colline du sud-ouest pour rejoindre la Molignée au lieu-dit Fond de Floye. C'est là, le long de la rivière, que le village connut son destin industriel.

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Voici un village dont les maisons semblent groupées autour de leur église.

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Le village posé sur une élévation d'où descendent des jardins et des prairies.

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Vue aérienne du centre du village. Nous reconnaissons l'ovale des rues autour de la place des Français, pour se réunir à la rue du Centre.

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Carte cadastrale du centre de Haut-le-Wastia en 1833.

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Vue aérienne de Haut-le-Wastia avec les lointains bleus de la vallée de la Molignée.

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Un exemple de lieu donnant l'impression de paix campagnarde.

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Sous l'Ancien Régime, il n'y avait pas d'église à Haut-le-Wastia. Les habitants devaient se rendre à Senenne pour leurs devoirs religieux. Logiquement, les habitants réclamèrent la construction d'une église. Cela leur fut accordé mais plus tard. la première église se trouvait dans l’actuel cimetière et remplit son office jusqu'en 1894. Voici l'église bâtie en 1894 en moellons de calcaire.

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Le presbytère, belle maison en moellons, bâtie en 1842, précédée d'un jardin, en un endroit tranquille. Depuis qu'il n'y a plus de prêtre desservant, le presbytère a été transformé en logement. 

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La place communale, qui servait de ballodrome, la petite pelote étant en ces temps-là un sport très pratiqué. 

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Vue de la Place avec un tilleul remarquable.

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Place communale, coin des enfants, avec une escarpolette. 

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La rue du Centre est la rue la plus dense en habitations et sans doute la plus ancienne. Voici une série de photos prises à différentes époques.

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Le haut de la rue du Centre.

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Rue du centre vers 1950. 

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Rue du centre vers 1950

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 Une ferme ancienne dans le village. A l'époque, les chevaux traînent toujours les chariots. Remarquons dans le chartil une ancienne colonne ronde. Elle vient de la première église démolie vers 1895.

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Carrefour avec la rue sur les Mossiats. On approche ici du point culminant de Haut-le-Wastia. 

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La rue de Moulins est une rue tranquille, débouchant sur la campagne. On comprend qu'une petite fille puisse s'y promener.

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La rue Coron des Trys. A droite une épîcerie dont la patronne a émis plusieurs cartes de Haut-le-Wastia. 

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A l'écart de toute circulation, la femme d'Ohet. Sous l'Ancien Régime, elle appartenait à l'abbaye de Moulins. 

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Au bout de la descente vers la Molignée, la route longe les usines à cuivre que nous apercevons tout en bas. 

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Si, partant du centre de Haut-le-Wastia,  on emprunte la rue de Bayère, on descend rapidement le flanc de la colline pour arriver dans la vallée de la Molignée, en un lieu appelé Fond de Floye. La limite de Haut-le-Wastia va jusque là. Ce fut même le siège d'exploitations industrielles que nous examinerons. Voici une vue de la vallée de la Molignée où l'on distingue des bâtiments qui furent à l’origine ceux d'une fabrique à fer blanc.

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La même vue au moment où l'usine Decoux a atteint sa pleine extension. 

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maison détruite en mai 1940. Lors de la bataille de mai 1940, les Allemands se sont emparés de Haut-le-Wastia vers le milieu de la journée du 13 mai. Un bataillon français en réserve à Bioul se prépare à contre-attaquer mais l'aviation allemande lui inflige des pertes et détruit une partie de son armement lourd. Le lendemain, des dragons français attaquent et reprennent le village. Mais la situation générale étant mauvaise le commandement français donne l'ordre du repli général.

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Maison bombardée par l'aviation anglo-saxonne au cours de la guerre. 

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En souvenir des combats de 1940, des maçons bénévoles ont élevé ce monument remarquable et imposant. 

Warnant (Usine à cuivre, partie quatre)

En 1826, le château de Moulins et ses alentours proches sont mis en vente. C'est le baron Alphonse Jacquier de Rosée qui acquiert le lot, c'est-à-dire les bâtiments du château (ancienne abbaye), jardins, vergers, canaux et prairies proches du château. Parmi les terrains entourant le château, ceux qui se situent au sud vont connaître dans les années suivantes un destin industriel remarquable en devenant l'assiette d'une usine à cuivre qui se développera régulièrement et fonctionnera jusqu'en 1978. 

Dans le développement de l'usine, il y a lieu de considérer deux périodes, la première du début à 1914, la seconde de 1921 à 1975.

Alphonse de Rosée crée ses premiers établissements à partir de 1830. ce sont : un laminoir alimenté en force motrice par le prolongement de la dérivation de la Molignée, une fonderie est construite sur un ancien verger. 

C'est à partir de la fonderie et du laminoir que l'usine va grandir en s'adjoignant des constructions nouvelles. Nous ne mentionnerons que les accroissements considérables.

1840 : création d'une batterie de cuivre à six marteaux actionnés par une grande roue hydraulique.

1846 : au laminoir s'adjoint une tréfilerie et un atelier de chaudronnerie.

Cette même année paraît un prospectus détaillant les produits vendus, liste étonnante par sa variété. Le prospectus est reproduit en annexe.  

1861 : une remise est agrandie et transformée ne fonderie de cloches sous la conduite d'Henri Michel. C'est là que seront fondues les deux cloches offertes par madame de Rosée à l'église de Warnant.  Henri Michel sera remplacé par la famille Causard qui reprend la fonderie jusqu'en 1889 quand ils feront bâtir leur propre atelier à Anhée. 

Reprenons la liste des principaux agrandissements :

1862 : dans un coude de la Molignée, au lieu dit "Aux Déchanges," se construit une nouvelle batterie de cuivre. 

Avant la guerre 14-18, une dernière extension a lieu, il s'agit d'une nouvelle batterie de cuivre. C'est là qu'on fabriquait les foyers des locomotives à vapeur et la grosse chaudronnerie.

Pendant la guerre 14-18, les usines sont à l'arrêt, les Allemands ayant réquisitionné le stock de cuivre pour l'envoyer en Allemagne. Cependant le baron de Rosée s'efforcera d'occuper ses ouvriers, soit à l'entretien de l'outillage soit en exécutant des terrassements pour les extensions futures.

La guerre passée, à partir de 1921 jusqu'à 1975, l'usine s'étendra dans la partie sud-ouest de la propriété. Les constructions seront d'une plus grande superficie et d'un aspect plus géométrique. 

1921 : construction d'un nouveau laminoir où se fabriqueront les produits semi-finis. 

1925 : construction d'une câblerie-tréfilerie.

1935 : construction d'une décaperie.

1947 : nouveau laminoir pour la fabrication de tôles de grandes dimensions

1954 : nouveau laminoir pour la production de fils à partie de bandes de cuivre

1965 : construction d'un grand hall pour l'installation d'une presse de  1700 tonnes de poussée.

A partir de 1968, on abandonne le charbon comme combustible, on installe des fours à gaz.

1974 : c'est l'ultime extension de l'usine, on édifie un hall destiné à recevoir des fours à cloches servant à recuire sous vide les rouleaux de fils ou bandes pour leur garder un aspect brillant.

Le dernier acte est arrivé. Le 27 juin 1978, la faillite des usines de Moulins est prononcée. A ce moment, le personnel était déjà réduit à une centaine de personnes. 

En 1978, la société Trimex rachète l'actif de la société de Rosée mais l'expérience ne durera guère. 

Moulins, qi a connu pendant un siècle et demi, une activité grandissante et soutenue, Moulins désormais n'a plus d'autre avenir que celui d'une ruine industrielle. 

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L'usine de Rosée en 1910. 

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Prospectus des produits vendus en 1848.

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Aspect de l'usine lors de son plus grand développement.

Warnant (troisième partie : les industries de la Roche à Moulins)

La Roche à Moulins, est le nom donné à cette bande de terre comprise entre le cours inférieur de la Molignée, près de son embouchure, le rivage de Meuse et les collines rocheuses s'élevant au nord. Son histoire est ancienne et variée. Elle faisait initialement partie du domaine du comte de Namur. Il y avait là un moulin à farine banal. Celui-ci ayant été détruit lors de guerres, l'autorité comtale décide de revendre le terrain à l'abbaye de Moulins (acte du 21 juillet 1448).

Franchissons le temps pour en arriver au destin industriel de ce bout de terre. 

En 1603, les moines assemblés capitulairement décident d'aliéner le terrain d'une superficie de 5 journaux (un hectare septante), au profit de Philibert Tournon, maître de forges. Pour l'achat  il devra payer annuellement 200 florins à l'abbaye. 

Sur le terrain, Tournon va construire une forgerie comportant deux hauts-fourneaux, une forge à trois feux, une fenderie et deux mainsons dont l'une sera pour le maître de forges. Les rapports entre Tournon et l'abbaye furent rapidement conflictuels. certains religieux opposés à la vente du terrain firent un procès qui n'aboutit pas. 

Après Tournon, ce fut la famille Tabolet qui reprit les forges mais les héritiers ne s'entendant pas, il en résulta un arrêt des activités et la revente en 1714 de la forgerie à Simon Jamard, lequel en 1724 mit le terrain en vente. L'abbaye s'empressa de le racheter et de détruire la forgerie. 

En 1742 les religieux changèrent d'avis: ayant fait construire une nouvelle église pour laquelle il avait fallu beaucoup emprunter, les moines avaient besoin de capitaux.

Joseph et Gérard de Montpellier rachètent donc le terrain et rétablissent le forgerie en 1748. 

En 1765, les Montpellier louent la forgerie de Moulins pour 12 ans à Barthelemy Dautrebande qui le 12 mars 1766 la rachète pour 35.000 florins. 

La République française, qui s'était emparée des Pays-Bas autrichiens, s'intéresse beaucoup à l'état de la forgerie. Un rellévé de 1795 indique que la veuve Dautrebande exploite à Moulins une forgerie comprenant un fourneau à fondre le fer et deux forges. Trente ouvriers y sont employés, toutefois il faut y ajouter les mineurs, charrons, coupeurs de bois, voituriers, faudeurs (transformation du bois en charbon de bois) qui indirectement travaillent une partie du temps pour les forges. 

Au décès de madame Dautrebande, la vente des forges se fait en 1798 au profit de Joseph Bauchau pour une somme de 35.200 florins. La famille Bauchau fit progresser et prospérer les forges. Au décès de Joseph Bauchau, en 1806, la forgerie revient à son fils Auguste et au décès de celui-ci, à sa veuve, madame Licot de Nismes. 

La période de prospérité des forges allait bientôt se terminer. Dès 1830, les industries établies sur les ruisseaux ne supportent plus la concurrence avec les industries du sillon Sambre et Meuse. La forgerie de Moulins n'échappa pas au destin commun, elle s'arrête vers 1855.

La famille Bauchau, très active et entreprenante, va s'orienter vers une nouvelle activité : la meunerie. 

En 1870, elle fait bâtir sur le site des forges un moulin à farine et une distillerie. Cette dernière pour laquelle on avait dû élever une grande cheminée dominant le site arrêta son activité en 1914. Quant au moulin, il fonctionnera jusqu'en mai 1941 quand un incendie éclate et détruit la moitié du bâtiment. Sur les meules qui ont échappé à l'incendie on continuera à produire des aliments pour le bétail.

Aujourd'hui, le site des anciennes forges est occupé par un établissement hôtelier de haut niveau. 

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Nous sommes en 1790. Cette gravure montre le passage de l'armée belgique devant la forge de Moulins.

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Le temps des forges est passé, la famille Bauchau a construit un moulins à farine et une distillerie sur le site des anciennes forges. Remarquons les tonneaux devant la distillerie.

 

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Le moulin vu en direction de Warnant.

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Le moulin Bauchau tel qu'il apparaissait dans son entièreté en 1910.

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La mention portée sur cette carte est erronée. Il s'agit ici du site de la Roche à Moulins. Le château de la Molignée apparaît dans le feuillage. La grande cheminée de la distillerie se montre au sommet de la Roche.

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Le site de la Roche à Moulins vu sous un autre angle.

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Site de la Roche à Moulins. La première embouchure à gauche est celle de la Molignée. La seconde évacue les eaux actionnant le moulin. 

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Le chemin de halage passant à l'arrière du château de la Molignée.

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Ceci est le carrefour de la grand-route et de celle de la Molignée. A l'avant-plan, remarquons la forge transformée en habitation.

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Le château vu au milieu de son parc avec, à l'avant-plan, le cours de la Molignée.

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Le château de la Molignée que nous voyons dans son entièreté a été bâti en 1825 par la famille Bauchau pour être proche de ses forges.

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Saule au carrefour des routes. l'arbre était considéré à l'époque comme remarquable.

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Les racines du saule ont souffert lors des travaux de pavage de la route, il disparaîtra bientôt. Dans le fond, l'hôtel de la Roche vers 1910 et le château de la Molignée à droite.

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Vue prise en 1919. Dans le fond, l'ancien bâtiment de la forge, à droite l'hôtel de la Roche, à l'extrémité droite, la Roche surmontée de la base de la cheminée. 

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L'hôtel dans les années 1920. Sous l'Ancien Régime, l'auberge de la Roche appartenait à l'abbaye de Moulins. On y faisait la passée des dîmes, c'est-à-dire la vente des denrées dont le prix revenait à des décimateurs. Dans les années 1820, il y eut là un passage d'eau en barque. le passeur était l'aubergiste. Cela dura jusqu'en 1873 quand le pont d'Yvoir fut construit.

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Vue de l'hôtel prise du carrefour.

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L'hôtel de la Roche dans son stade final, années 1930.

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La devanture de l'hôtel ayant vue sur la Meuse.