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02/08/2017

Haut-le-Wastia (deuxième partie : Industries du Fond de Floye)

Au bord du versant sud-ouest de la colline d'Haut-le-Wastia, dans la vallée de la Molignée, là où la limite communales franchit les méandres de la rivière, une industrie s'est créée au début du dix-neuvième siècle, s'est transformée plusieurs fois en activités diverses, pour atteindre la fin du vingtième siècle, qui marque son entrée en léthargie.

Le laminoir à fer blanc

C'est 1801 que Gérard Fallon, industriel à Namur, adresse une requête au préfet de l'Entre-Sambre-et-Meuse pour lui demander un coup d'eau sur la Molignée pour y installer un laminoir afin de fabriquer des tôles de toutes les espèces, principalement en fer blanc. Il demande en outre à pouvoir établir un laminoir dans l'ancienne papeterie de l'abbaye de Moulins, là où se trouve actuellement le Château du Varoy. Ces projets rencontrent aussitôt l'hostilité du sieur Moreau de Bioul qui allègue qu'il est en pourparlers avec le baron Jacquier de Rosée à propos d'un pré situé le long de la Molignée sur lequel ce dernier se propose de construire un établissement ayant la même finalité que celui de Gérard Fallon.

L'ingénieur de l'Administration des Mines répond que Fallon doit également demander la permission d'installer des fours à réverbères et d'indiquer le combustible qui sera employé. Fallon répond que ce sera la houille.

Une autre position va bientôt se manifester. Auguste Bauchau, maître de forge à la Roche à Moulins, proteste auprès du préfet contre le fait que ce laminoir nuira à ses propres usines en aval et qui, étant anciennes, ont donc la priorité sur les nouvelles.

L'autorisation impériale, au projet de Fallon, est donnée le 10 octobre 1811. Fallon pourra établir deux laminoirs destinés à la fabrication de tôles et, principalement, de semelles devant servir à la formation de fer blanc.

, Dela-Le moulin à farine

Le succès de l'entreprise de Fallon est aléatoire puisqu'en 1819 il demande à l'administration à pouvoir convertir le laminoir en un moulin à farine et une batterie de chanvre.

Le premier locataire sera Martin Baili.

Les parties sennstielles du moulin sont les suivantes :

- le grand tournant actionnant une paire de meules en pierre de France

- le moulin à braix (escourgeon et orge)

- le moulin dit à "écoussière", utilisé pour décortiquer épeautre et avoine

En octobre 1822, Gérard Fallon met son moulin en vente et l'acheteur en est Jean-Baptiste Beguin. Dans l'acte de vente, il est spécifié que le moulin consiste en deux tournants faisant mouvoir deux couples de meules à farine, un couple pour la mouture de l'avoine et du seigle, une batterie de chanvre et une huilerie en construction.

Vers 1878, la batterie de chanvre er le pressoir à huile cessent d'être activés. Le moulin à farine va fonctionner jusqu'en 1891, année où il est incendié avec la maison d'habitation. Le terrain est racheté par Delal-Thiran qui reconstruit la maison et sur les ruines du moulin établit une scierie à marbre. En 1879, Delal-Thiran conclut un contrat instituant la "société des carrières d'usines de Warnant" qui continuera l'exploitation de la scierie jusqu'en 1902, après quoi cette dernière est abandonnée et démolie. Le terrain va rester sans affectation jusqu'en 1913.

Les usines Minot et Decoux

Le 20 janvier 1913, le bien dans son entièreté, est vendu à Joseph Minot qui fait bâtir sur le site un atelier de construction. Une quinzaine de personnes travaillent dans l'entreprise qui produit des lames et outils de carrière de même que des objets de quincaillerie. 

En 1917, Minot vend globalement ses instituions à à Gerard Decoux. La guerre passée, ce cernier développe considérablement l'usine. A côté des ateliers Minot, il fait construire un grand hall qui fait plus que doubler la superficie des ateliers. 

L'usine fonctionnait en utilisant la force hydraulique. A 250 mètres vers l'amont, partant d'une retenue de la Molignée, un canal quii existait déjà du temps du moulin à farine, amenait l'eau dans un étang proche de l'usine. L'eau se déversait dans une fosse où se trouvaient trois turbines à haut jet dont l'une servait à fabriquer le courant électrique. Une autre , reliée à un axe de transmission, muni de poulies alimentant pilons, cisailles, moutons, etc. 

Dans l'ancien atelier Minot on trouvait 8 forges individuelles avec foyers, enclumes et marteaux, trois pilons, un mouton, un tour et une raboteuse. Le grand hall contenait le maka ou grand marteau.

L'usine Decoux était spécialisée dans la fabrication de lames à scier de marbre. On y produisait encore des bêches, pics et pioches, courbets, rasettes, pelles, outils d'échardonnage en forme de croissant. En 1927, le nombre de personnes employées était de 37. 

Le déclin de l'usine s'annonce s'annonce vers 1960. Non modernisée, elle ne peut soutenir la concurrence des grands ensembles. Les établissements Decoux sont rachetés en 1969 par la Société Anonyme des carrières et fours à chaux de Haut-le-Wastia.

Les carrières et fours à chaux

L'histoire des carrières du Fond de Floye débute en 1901 quand une firme française, à la recherche de terrains riches en pierre calcaire, rachète environ 13 hectares en aval des usines Minot pour en faire une réserve.

La totalité du terrain est revendue à la S.A. des carrières des fours à chaux de la Meuse. Celle-ci attendra 15 ans avant de passer à l'exploitation. 

En 1927, elle ouvre une carrière dans la colline de Haut-le-Wastia et fait construire 4 fours à chaux au moyen de pierres extraites et taillées sur place. L'ouvrage est terminé en 1929 quand se constitue la SA des carrières et fours à chaux d'Haut-le-Wastia, filiale de la Société Carmeuse. 

L'exploitation des carrières peut commencer. Dans le décennie 1930 et suivantes, une septantaine de travailleurs sont sur le site, caque four peut produire 60 tonnes de chaux par jour. 

En 1968, la production est accrue par l'installation d'un four à gaz d'une capacité de 250 tonnes par jour. 

Après le rachat de l'usine Decoux, les ateliers sont démontés et sur leur emplacement on installe un trieur-laveur pouvant traiter 700 tonnes par jour pour produire des pierres, du gravier et du poussier. L'eau de lavage est puisée dans la Molignée toute proche.

En 1982, la SA des carrières et fours à chaux de Haut-le-Wastia est reprise par Carmeuse qui arrête la production de chaux. L'activité ne  porte plus que sur la vente de pierre et matériaux traités par le trier-laveur.

Les structures métalliques du four à gaz sont démontées et vendues. C'est la fin de l'entreprise.

Dans une vallée où le feuillages arbres était blanchi par la chaux, la nature a repris ses droits.

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Carte du Fond de Floye indiquant l'emplacement des industries et ces carrières.

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Les Usines Minot en 1913

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Personnel de l'usine hydraulique Decoux en 1927

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Vallée de la Molignée où se marquent les méandres de la rivière et les usines Minot.

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Le maka de l'usine Decoux. Actuellement, il se trouve sur le square à côté de la maison communale d'Yvoir.

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Vallée de la Molignée, site des fours à chaux.

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Vallée de la Molignée. Usine Decoux.

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Carrières du Fond de Floye et four à gaz.

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Vue générale des carrières.

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