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26/07/2017

Warnant (troisième partie : les industries de la Roche à Moulins)

La Roche à Moulins, est le nom donné à cette bande de terre comprise entre le cours inférieur de la Molignée, près de son embouchure, le rivage de Meuse et les collines rocheuses s'élevant au nord. Son histoire est ancienne et variée. Elle faisait initialement partie du domaine du comte de Namur. Il y avait là un moulin à farine banal. Celui-ci ayant été détruit lors de guerres, l'autorité comtale décide de revendre le terrain à l'abbaye de Moulins (acte du 21 juillet 1448).

Franchissons le temps pour en arriver au destin industriel de ce bout de terre. 

En 1603, les moines assemblés capitulairement décident d'aliéner le terrain d'une superficie de 5 journaux (un hectare septante), au profit de Philibert Tournon, maître de forges. Pour l'achat  il devra payer annuellement 200 florins à l'abbaye. 

Sur le terrain, Tournon va construire une forgerie comportant deux hauts-fourneaux, une forge à trois feux, une fenderie et deux mainsons dont l'une sera pour le maître de forges. Les rapports entre Tournon et l'abbaye furent rapidement conflictuels. certains religieux opposés à la vente du terrain firent un procès qui n'aboutit pas. 

Après Tournon, ce fut la famille Tabolet qui reprit les forges mais les héritiers ne s'entendant pas, il en résulta un arrêt des activités et la revente en 1714 de la forgerie à Simon Jamard, lequel en 1724 mit le terrain en vente. L'abbaye s'empressa de le racheter et de détruire la forgerie. 

En 1742 les religieux changèrent d'avis: ayant fait construire une nouvelle église pour laquelle il avait fallu beaucoup emprunter, les moines avaient besoin de capitaux.

Joseph et Gérard de Montpellier rachètent donc le terrain et rétablissent le forgerie en 1748. 

En 1765, les Montpellier louent la forgerie de Moulins pour 12 ans à Barthelemy Dautrebande qui le 12 mars 1766 la rachète pour 35.000 florins. 

La République française, qui s'était emparée des Pays-Bas autrichiens, s'intéresse beaucoup à l'état de la forgerie. Un rellévé de 1795 indique que la veuve Dautrebande exploite à Moulins une forgerie comprenant un fourneau à fondre le fer et deux forges. Trente ouvriers y sont employés, toutefois il faut y ajouter les mineurs, charrons, coupeurs de bois, voituriers, faudeurs (transformation du bois en charbon de bois) qui indirectement travaillent une partie du temps pour les forges. 

Au décès de madame Dautrebande, la vente des forges se fait en 1798 au profit de Joseph Bauchau pour une somme de 35.200 florins. La famille Bauchau fit progresser et prospérer les forges. Au décès de Joseph Bauchau, en 1806, la forgerie revient à son fils Auguste et au décès de celui-ci, à sa veuve, madame Licot de Nismes. 

La période de prospérité des forges allait bientôt se terminer. Dès 1830, les industries établies sur les ruisseaux ne supportent plus la concurrence avec les industries du sillon Sambre et Meuse. La forgerie de Moulins n'échappa pas au destin commun, elle s'arrête vers 1855.

La famille Bauchau, très active et entreprenante, va s'orienter vers une nouvelle activité : la meunerie. 

En 1870, elle fait bâtir sur le site des forges un moulin à farine et une distillerie. Cette dernière pour laquelle on avait dû élever une grande cheminée dominant le site arrêta son activité en 1914. Quant au moulin, il fonctionnera jusqu'en mai 1941 quand un incendie éclate et détruit la moitié du bâtiment. Sur les meules qui ont échappé à l'incendie on continuera à produire des aliments pour le bétail.

Aujourd'hui, le site des anciennes forges est occupé par un établissement hôtelier de haut niveau. 

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Nous sommes en 1790. Cette gravure montre le passage de l'armée belgique devant la forge de Moulins.

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Le temps des forges est passé, la famille Bauchau a construit un moulins à farine et une distillerie sur le site des anciennes forges. Remarquons les tonneaux devant la distillerie.

 

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Le moulin vu en direction de Warnant.

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Le moulin Bauchau tel qu'il apparaissait dans son entièreté en 1910.

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La mention portée sur cette carte est erronée. Il s'agit ici du site de la Roche à Moulins. Le château de la Molignée apparaît dans le feuillage. La grande cheminée de la distillerie se montre au sommet de la Roche.

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Le site de la Roche à Moulins vu sous un autre angle.

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Site de la Roche à Moulins. La première embouchure à gauche est celle de la Molignée. La seconde évacue les eaux actionnant le moulin. 

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Le chemin de halage passant à l'arrière du château de la Molignée.

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Ceci est le carrefour de la grand-route et de celle de la Molignée. A l'avant-plan, remarquons la forge transformée en habitation.

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Le château vu au milieu de son parc avec, à l'avant-plan, le cours de la Molignée.

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Le château de la Molignée que nous voyons dans son entièreté a été bâti en 1825 par la famille Bauchau pour être proche de ses forges.

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Saule au carrefour des routes. l'arbre était considéré à l'époque comme remarquable.

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Les racines du saule ont souffert lors des travaux de pavage de la route, il disparaîtra bientôt. Dans le fond, l'hôtel de la Roche vers 1910 et le château de la Molignée à droite.

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Vue prise en 1919. Dans le fond, l'ancien bâtiment de la forge, à droite l'hôtel de la Roche, à l'extrémité droite, la Roche surmontée de la base de la cheminée. 

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L'hôtel dans les années 1920. Sous l'Ancien Régime, l'auberge de la Roche appartenait à l'abbaye de Moulins. On y faisait la passée des dîmes, c'est-à-dire la vente des denrées dont le prix revenait à des décimateurs. Dans les années 1820, il y eut là un passage d'eau en barque. le passeur était l'aubergiste. Cela dura jusqu'en 1873 quand le pont d'Yvoir fut construit.

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Vue de l'hôtel prise du carrefour.

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L'hôtel de la Roche dans son stade final, années 1930.

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La devanture de l'hôtel ayant vue sur la Meuse.

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