google analytics

26/07/2017

Warnant (Deuxième partie, abbaye cistercienne de Moulins)

L'abbaye cistercienne de Moulins

En remontant le cours de la Molignée depuis la Meuse, à un kilomètre environ en amont, on rencontre un château et on passe ensuite le long d'un bâtiment assez bas mais étendu. Nous sommes devant ce qui fut l'abbaye de Moulins. C'est en 1233 que l'évêque de Liège donne son consentement à la fondation d'un monastère de religieuses de l'ordre cistercien. Pour soutenir matériellement cette communauté récente, le comte de Namur lui octroie le prieuré Notre-Dame de Marlagne à Bois-de-Villers. Le second accroissement du patrimoine se fit par l'octroi du grand bois de Moulins pour une moitié et le paiement de deux cents livres pour l'autre moitié. Au cours du temps, les mœurs des moniales se relâchant, l'ordre décida en 1414, de remplacer les moniales par des moines. Après eux, les choses furent remises en ordre et l'abbaye continua à accroître le patrimoine surtout en acquérant des fermes de la région. Citons la ferme de Salet, la grande cense de Moulins, à Bioul, la cense du Payroir, les censes de Solonne et du Baty à Purnode, la cense d'Henneumont, la petite cense d'Anhée, la cense d'Ohet, et d'autres petits biens.

En 1648, l'abbaye rachète la seigneurie de Moulins et en 1465 celle de Salet.

En 1670 les moines prennent l'initiative  de fonder une papeterie avec l'aide d'un papetier Germain Charlet. Le papier se reconnaît à son filigrane : une croix abbatiale et un M majuscule stylisé. Vers 1720, les religieux décident de construire une nouvelle église digne de leur monastère. Ils font un emprunt de 60.000 livres. Lorsque dans les années 1785, le pouvoir autrichien voulut remettre de l'ordre dans les abbayes, la situation financière de Moulins fut jugée inquiétante, si bien que toute l'administration de l'abbaye fut confiée à un administrateur civil, Charles de Francquen.

Pour Moulins, le temps des turbulences avait commencé. 

Le 26 mars 1787, un décret supprime l'abbaye de Moulins : les moines sont renvoyés dans la ville civile avec une pension. Tous les objets contenus dans l'abbaye sont ensuite mis en vente publique. 

Mais tout cela n'était qu'un début. Les armées de la Révolution Française ayant conquis les Pays-Bas autrichiens, nos régions sont rattachées à la France et divisées en départements.

Les lois républicaines s'appliquent à Etats, et notamment celles sur la nationalisation des biens du clergé régulier. L'abbaye de Moulins et ses terres de culture sont mises aux enchères le 17 février 1797. L'ensemble est racheté par un Français nommé Jean-Louis Rousseau. Après l'abbaye, toutes les fermes de son patrimoine sont mises aux enchères. Tout cela marque la fin de l'abbaye de Moulins dont l'existence avait duré 650 ans.

NB Pour lire l'histoire complète de l'abbaye de Moulins, il faut se rendre sur le site une famille d'Anhée : http://remyclosset.magix.net/ 

1.jpeg

Album de Croÿ : abbaye de Moulins vers 1604.

2.jpeg

Gravure dans l'oeuvre de Grammaye : l'abbaye vers 1608.

3.jpeg

Gravure de Remacle Le Loup datant de 1740. Cette vue est la plus fidèle et montre ce qu'était l'abbaye dans les 50 dernières années de son existence. 

4.jpeg

La grande ferme de l'abbaye de Moulins datant probablement de 1619.

5.jpeg

Grange construite en 1762. A l'intérieur se voit une charpente d'un travail remarquable. 

6.jpeg

Ferme de Salet. Vue du quartier réservé à l'Abbé de Moulins où il prenait ses jours de détente. 

7.jpeg

Ferme de Salet. Potale datée de 1685.

8.jpeg

Vue actuelle de l'ancien prieuré de Saint Héribert à Bois-de-Villers. 

9.jpeg

Saint Héribert. Au-dessus de l'entrée, pierre taillée aux armes du dernier abbé de Moulins, Bruno Vallez. La devise "Fulget Crux", la croix rayonne.  

 

Les commentaires sont fermés.