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11/05/2016

Décès Jean Denis

JEAN-ALBERT  DENIS

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Jean Denis et sa compagne Eugénie Verheven

Il était né le 16 septembre 1916. Il se sera approché très près de son centième anniversaire.  Hélas, le 23 avril, il nous a quittés. C'était une personnalité résidentielle, un homme de caractère qui avait exercé des responsabilités. Il y avait de la malice dans son regard. Mais il avait un sens inné de la communication, une curiosité pour l'autre, une intelligence évidente, alerte, un peu d'inflexibilité, de l'exigence, parfois un brin de condescendance. J'ai eu l'occasion pendant un certain temps de l'accueillir dans le cours d'informatique et j'ai découvert, à l'occasion de quelques tête-à-tête, un homme chaleureux, catégorique, d'une grande cordialité, sensible, courtois et reconnaissant à toute attention qu'on avait pour lui.

Pour évoquer la mémoire de ce Saintannais illustre, j'ai eu un long entretien avec sa compagne, Eugénie Verheven. Professionnellement, Jean Denis a dirigé la Caisse d'Epargne successivement à Etterbeek et à Charleroi. C'était un Ardennais pure souche, né à Fauvillers, à proximité de Martelange. Il s'était marié à deux reprises et avait perdu sa deuxième épouse, décédée des suites d'un cancer. En fait, m'explique Eugénie Verheven, notre première rencontre date de 1940, nous étions collègues à la Caisse d'Epargne. Chacun a fait route de son côté et nous nous sommes perdus de vue. Nos retrouvailles ont eu lieu en 83 à Custinne. J'étais veuve, il était veuf. Nous avons entrepris de petits voyages ensemble. D'abord très locaux, le premier, je me souviens, à Laroche. Nous étions seuls et petit à petit, nous nous sommes rapprochés. Ensuite, nous avons beaucoup voyagé : Grèce, Egypte, Tunisie, Maroc, Sicile, Corse, Tchécoslovaquie. A 90 ans, il voulait encore voyager. Nous avons trouvé un moyen terme. Nous avons séjourné tous les étés à Benalmadena, en Andalousie, dans la province de Malaga, Espagne. C'est une zone côtière, nous nous y plaisions beaucoup. On descendait dans le même hôtel, on faisait  pratiquement partie d'une famille. Chaque année pendant 7 ans, nous retrouvions les mêmes amis. Des autochtones, des Belges, des Flamands avec qui je reprenais des cours de néerlandais. Car je suis une Bruxelloise francophone, très wallonne, en fait. Puis, il a fallu renoncer aux voyages. Mais nous avons trouvé autre chose. Tous les dimanches, nous allions au restaurant.

Il y a quatre ans, nous sommes arrivés à la Résidence-services. C'était agréable, très agréable pour nous. Mais à la fin, les soins nocturnes sont devenus une tâche trop exigeante pour moi. Je n'étais plus en mesure d'assumer. Nous sommes entrés à sainte-Anne. C'est ainsi que les choses ont évolué, raconte Eugénie Verheven. Mais son décès, vraiment, cela a été très dur, trop brutal, trop inattendu. Je n'étais pas prête. J'étais présente quand il a fait ce problème cardiaque. Il y a une chose que je regrette amèrement : nous avions pris la résolution de faire une grande fête pour son centième anniversaire. Je suis profondément attristée. Mais, d'une certaine façon, je suis heureuse qu'il soit parti avant moi. Aujourd'hui, je pense à lui tout le temps. Il a été incinéré. Je n'ai plus personne autour de moi. Mais lui et moi, nous avons bien vécu, nous avons très bien vécu ensemble. Il pouvait sembler intransigeant, s'avérer un grand râleur, mais c'était un homme d'une grande sensibilité. Il avait très vite la larme à l'oeil. La nuit, il me tenait la main. Il était d'une grande jalousie mais c'était un être qui m'était très attaché. Il pouvait être très agréable, généreux, enthousiaste. Je suis, me confiait une de ses nièces, parvenue à l'adoucir. 

Que des migrations heureuses, chaleureuses, pleines de féeries (forêts profondes, longs fleuves tièdes, baies superbes, oiseaux hospitaliers, panoramas splendides) persistent à mobiliser notre vieil ibis et à soutenir son désir de voler. 

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