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31/12/2015

Décès d'Anne Van Houtte, épouse d'Ernest Tordoir

SAM_1925.JPGAnne Van Houtte s'en va

Ce matin, à l'aube du dernier jour de l'année, Anne Van Houtte s'en est allée, au grand désespoir de son époux Ernest, son éternel amoureux. Anne était née le 31 janvier 1924. Elle était entrée chez nous le 5 novembre 2013. A notre cher ami Ernest, nous adressons mille signes d'affection et de sympathie. Nous savons que sa douleur est immense et nous la considérons avec le plus grand respect. Nous savons l'époux fidèle, loyal et épris qu'il n'a pas cessé d'être.

Lors de son récit de vie, Ernest parlait avec profondeur et ferveur de l'amour profond qui l'a lié à Anne et que la maladie n'a pas altéré.

Je l’ai rencontrée en 54, à Wavre. Il y a une quarantaine d’années que nous sommes mariés. Nous vivons ensemble depuis 1954. Anne vendait des vêtements féminins à la mode à Bruxelles, à la Rue Neuve. C’était une excellente vendeuse, très douée. Nous sommes partis en Allemagne et là, elle a cessé de travailler, à quelques années de la retraite. C’était un mauvais calcul. Nous n’y avions pas suffisamment réfléchi. Nous n’avons pas eu d’enfant. Je n’en voulais pas. Quand on voit ce qui s’est passé, ça ne me tentait pas d’avoir des enfants.

SAM_1931.JPGAnne, m'explique ce matin Ernest, tout à fait catastrophé, avait beaucoup d'allure, beaucoup de chic, elle était d'une grande beauté. A présent, la voilà sur son lit de mort, j'ai peur qu'elle prenne froid. Je vais lui tenir la main. Sa mort, c'est pire que tout, pire que toutes les guerres. 

Dans son récit de vie, Ernest évoquait encore son épouse :

Ma femme a la maladie d’Alzheimer. Elle ne pouvait plus rester seule. Je ne voulais pas laisser ma femme seule à Sainte-Anne, j’y suis venu avec elle. Je me suis marié avec elle pour le meilleur et pour le pire. Vous savez, elle en a vu, la pauvre. Elle a été opérée 7 ou 8 fois (hanche, cœur (5 pontages), les yeux, le ménisque, les ovaires, infarctus). Je suis solidaire d’elle. La maladie la rend très difficile. Mais je veux rester à proximité d’elle.  Anne, c’était une très belle femme. On s’aimait, on s’entendait. La maladie a été terrible. Je donnerais tout ce que j’ai pour le retrouver telle qu’elle était. C’était une femme d’une grande générosité. Elle donnait tout, c’était un être très généreux. 

Il n'y a pas, écrivait Cervantès, d'amour perdu. Ce grand amour entre Ernest et Anne est un merveilleux message, une réconfort pour les cœurs et pour les âmes, il porte en lui une lumière magnifique et rassérénante. Il porte aussi, aujourd'hui, la très éprouvante douleur de la séparation.

En voyant les photographies qui ornaient le chevet d'Anne, je me suis dit : "Oui, elle est très belle, c'est ainsi qu'il faut la montrer'. Il faut révéler, pour remettre les choses en perspective, le chef-d'oeuvre qu'ont parfois été ceux qui viennent à nous vieillis, fatigués, malades. Il faut rendre grâce à ce merveilleux passé, il faut célébrer un beau passage, retenir un peu de l'agrément, de la richesse d'une vie. J'ai demandé l'autorisation  à Ernest de reproduire quelques photographies de son épouse pour notre blog. Il m'a autorisé à le faire. Voilà donc la femme qu'elle fut,  chaleureuse, élégante, séduisante, voici donc l'amoureuse d'Ernest. On la voit notamment avec son chien Koba.

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Nous saluons ce joli paradisier et souhaitons pour elle un merveilleux vol sur l'horizon et la découverte au loin d'un verger accueillant, parfumé, tempéré et doux.

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