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23/07/2014

Bon voyage Charlotte

                                  Au revoir Charlotte                                                          

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Charlotte, notre Malgache bien-aimée vient de nous quitter. Un vent de chagrin souffle sur la résidence. La peine est profonde, lourde. D'ores et déjà, à bord de son cercueil blindé et dans sa belle robe fleurie, Charlotte navigue vers son Madagascar natal. Elle laisse dans son sillage un souvenir fleuri, ensoleillé, une grande marque de lumière. La belle Charlotte s'est vaillamment battue, avec sa foi, son sourire merveilleux, sa force, toute sa capacité d'espérance. Elle a cru en son rétablissement, nous lui avons emboîté le pas. Charlotte a remarché. Elle a partagé avec nous sa bonne humeur, sa grâce, son désir de vaincre. Elle a ému tout le monde. Charlotte est un être unique, charmant, animé par l'amour de Dieu, très attentif à tous, un être délicat, intelligent, chaleureux, généreux. Il est inutile sans doute d'empiler aujourd'hui les adjectifs et les superlatifs. Pourtant, afin de lui rendre justice, il faut s'exprimer ainsi, généreusement, sans compter. Mais nous avons pris le temps de lui dire de vive voix tout le bien que nous pensions d'elle et toute l'affection qu'elle nous inspirait. Sa vie n'a pas été facile, elle a souvent été traversée par les deuils, les séparations, la distance, le manque. Et pourtant, Charlotte produisait de la lumière, une lumière ardente et aromatisée d'un délicieux miel d'humanité.  Nous sommes heureux d'avoir croisé sa trajectoire. Nous lui adressons des remerciements affectueux. Nous lui souhaitons un agréable envol vers l'Océan Indien, un lent vol escorté d'essaims de fuligules, de dendrocygnes et d'anserelles et un glorieux atterrissage entre les allées de baobabs et les magnifiques éventails des arbres du voyageur. Nous souhaitons pour toutes les espérances que Charlotte entretenait des exaucements chaleureux et lumineux.

Revoir nos articles illustrés consacrés à la belle Charlotte :

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Charlotte est née le 4 novembre 1954, à Madagascar, dans l’Océan Indien, au large de l’Afrique. Ses parents étaient agriculteurs et cumulaient des fonctions. Son père était aussi mécanicien et charron, sa maman, ménagère et mère au foyer. Charlotte a vécu à Madagascar jusqu’en 1993.

Aînée de la famille, elle a 7 frères et sœurs : Tatienne (décédée à l’âge de 30 ans d’une grossesse extra-utérine il y a une dizaine d’années), Yolande, Donatien, Hans-Sauveur-Henri (décédé le 29 septembre 2012), Aldier-Charles, Alexandre (décédé il y a 8 ans) et Elie-Jean.

Sa maman, Alexandrine, vit toujours à Madagascar. Son papa, Laurent, est décédé il y a 12 ans. Ils sont ou étaient tous catholiques.

« Mon grand-père paternel était charron et mon grand-père maternel était rescapé de l’armée française de 14-18. Comme il était un excellent cuisinier, il est devenu le cuisinier du curé de Tsihombé. (commune urbaine malgache) et de l’évêque de Fort-Dauphin (ville du sud de Madagascar). C’est ainsi que tous les enfants de notre grand-père ont été scolarisés chez les Sœurs. C’est là que réside l’origine de notre instruction ».

« J’ai fréquenté l’école à Morondava chez les Sœurs de l’Immaculée Conception pour mon cycle d’études primaires.

Après l’école primaire chez les Sœurs, c’est le lycée. J’ai passé mon baccalauréat à Tulear (ville du sud-ouest de Madagascar) ».

« J’étais chef des guides. J’étais une jeune fille sportive, j’ai joué au basket dans l’équipe du Lycée Laurent Botokeky (homme politique, sénateur malgache et Ministre de l’Enseignement). J’ai ensuite fréquenté l’université à Tananarive, la capitale économique et politique de Madagascar. J’ai entrepris des études de droit. »

« Pour une suite de raisons économiques (pauvreté, grèves, famine), j’ai opté pour un concours en assistante d’administration. J’ai été sélectionnée parmi les 5 personnes admises et j’ai été engagée comme secrétaire particulière du Doyen de l’université section ESDGS (économie, sociologie, droit et gestion). Il fallait évidemment que je travaille pour venir en aide à mes parents. Je vivais à plus de 1000 km de la maison parentale  J’envoyais de l’argent à Maman pour la subsistance familiale. Chez nous, c’était une région de petit élevage libre, les chèvres et le bétail (quelques bœufs ou vaches) circulaient dans des espaces non clos »

« J’ai sollicité le soutien du Doyen de l’Université pour me rendre en Europe. Il a pu intercéder pour moi. »

« En 1993, je suis arrivée à Paris. (J’y étais déjà venue en vacances). Je suis ensuite venue à Dinant où j’avais de la famille, des cousines. » Ma première venue à Dinant  a eu lieu à l’occasion de la petite communion de mon futur neveu.

« Là, j’ai fait la connaissance de mon futur époux. Nous nous sommes mariés en 1993. Nous avions déjà entretenu une correspondance durant un an. Mon futur mari et ma famille de Paris m’ont accueillie à mon arrivée. Ensuite, après notre mariage, nous habitions, mon époux et moi, chez mes beaux-parents pendant neuf mois avant de louer notre propre demeure. Ensuite, nous avons acheté une belle maison à Neffe. Durant le temps qu’a duré notre mariage, sept années, je n’ai pas travaillé ».

« Après le divorce, je fais des stages de réajustement au Forem comme secrétaire. J’ai fait des stages au Campus à Namur, j’ai un peu travaillé dans les familles. J’ai ensuite travaillé comme assistante maternelle à Bellevue. C’est là, en 2009, que la récidive de ma maladie s’est déclarée. Elle était apparue une première fois en l’an 2000. »

« Aujourd’hui, je suis à Sainte-Anne, momentanément, je l’espère, si la chimio s’avère efficace. »  

Bon voyage Charlotte

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