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26/12/2013

Décès d'Elisabeth Henquin et Marguerite Vereecke

SL705769.JPGElisabeth Henquin

(23 août 1918 – 21 décembre 2013, entrée le 18 mai 2009)

Nous perdons avec elle une femme de caractère, une authentique mademoiselle Autorité. Femme d'affaires et de pouvoir, Elisabeth Henquin avait un caractère d'acier, catégorique, offensif et 'il n'y a pas si longtemps, elle rêvait encore qu'elle traitait l’acquisition ou la vente de biens immobiliers, qu'elle négociait avec tel notaire ou songeait au bien-fondé de tel placement. Elle était au nombre de ces femmes qui étaient au gouvernail et qui ont fait carrière, qui ont imposé une poigne, une vision, une manière. Bien qu'elle fût désorientée, elle gardait de fulgurants et parfois bouleversants moments de lucidité. Celles et ceux qui les entendaient en étaient profondément bouleversés. Elle marquait un réel attachement à certains membres du personnel et pouvait entretenir avec eux des relations de sympathie et de complicité. Issue d'une éducation rigoriste, grande bourgeoise d'un tempérament intraitable et au regard inflexible, elle pouvait naviguer en eaux paisibles et faire preuve d’aménité et de reconnaissance ou traverser des flots tumultueux et distribuer les invectives, les épithètes désobligeantes ou les traits d'esprit assassins. C'était indiscutablement une personnalité marquante. Elle fera date dans l'histoire résidentielle.

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LEJ_4949_DxO.jpgMarguerite Vereecke

(23 avril 1930 – 23 décembre 2013, entrée le 27 juin 2011)

Notre Flahute s'en va, notre Bruxellaire issue de Hoeilart, patrie belge du raisin, referme sa vaste ombrelle. C'était, en version âgée et monumentale, notre Daisy Miller à nous, celle qui se faisait reconnaître en annonçant la félicité qu'elle éprouvait dans la compagnie des hommes. Cet aveu candide, presque sans malice, lui valait le courroux offusqué de la part victorienne de notre population. Mais, en réalité, elle imposait à l'ensemble une vraie et entière personnalité, une vraie dimension humaine pleine de contrastes, de contradictions, d'élans généreux et d'aspects rébarbatifs. C'était un être de l'abondance. Il y avait en elle de tout et en grande quantité. Elle forçait avec cette singulière exubérance, cet appétit de vivre, cet art inédit de la narration et une franchise parfois déconcertante ce que l'on peut appeler une sorte d'unanimité orageuse. Pleine de vitalité, très volontaire, taquine, généreuse, mêle-tout, parfois agressive, douée d'un accent bruxellois à trancher à la scie circulaire, Marguerite a fréquente sans absentéisme, avec un enthousiasme communicatif et sans défaillance, nos différentes activités. Elle aimait la bonne chère, la rigolade, évoquer son passé (avec une faconde de ziverer inventive), elle marquait, à sa manière, de l'intérêt pour ses pairs et elle recevait en échange beaucoup d'affection et quelques railleries. Elle ne craignait pas les joutes orales, il lui arrivait, dans cet art si personnel du débordement qu'elle exerçait avec générosité, de pincer ou de bousculer. J'avais pour plaisir personnel de l'agacer et de me réjouir de ses protestations secrètement enjouées. Sa disparition inopinée nous chagrine. Beaucoup d'entre nous lui étaient très attachés. We zijn heel bedroefd. We zijn verdrietig, zijn dood is een trieste gebeurtenis, ze zal gemist worden. Onze geliefde Vlaamse is voorgoed voorbij. Quel vide dans notre groupe, quelle terrible absence ! Dans le lac résidentiel, jamais, pour paraphraser Brassens, son trou dans l'eau ne se refermera. 

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Photo Jacky Lepage

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