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15/06/2017

Bruna Colonello et sa fille

BELLA CIAO

Bella ciao
Una mattina mi son svegliata
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliata
Eo ho trovato l'invasor

O partigiano porta mi via
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Che mi sento di morir

Sur la cour, Bruna promène sa fille en voiturette. La fille entonne le chant révolutionnaire Bella Ciao. Bruna chante, elle aussi et un merveilleux sourire illumine son beau visage. J'ai souhaité, après avoir obtenu autorisation, pérenniser ce bel instant.

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16:19 Publié dans Sourires | Lien permanent | Commentaires (0)

Conseil du 15 juin 2017

Ce mercredi 14 se tenait le Conseil, le premier présidé par la nouvelle présidente, Brigitte Le Hanse et par le nouveau vice-président Jean Closset. Le conseil, qui a regroupé un grand nombre de Saintannais, a été long, fructueux, dynamique et intense. En voici un petit reportage photographique.

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Jean Closset, vice-président du Conseil, Brigitte Le Hanse, président, notre assistante sociale et notre directeur

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10/06/2017

Décès de Marie-Thérèse Herbiet

Décès de Marie-Thérèse Herbiet

MTH.jpgLa nouvelle est tombée ce jeudi 8 juin 2017 dans l'après-midi. Notre amie Marie-Thérèse est décédée. Elle refusait, m'a expliqué une infirmière de notre service, toute forme d'acharnement. Marie-Thérèse venait d'être réélue vice-présidente au Conseil des Saintannais. En respectant le suffrage, elle sera remplacée à ce poste par Mr Jean Closset, notre auteur résidentiel.

Marie-Thérèse, fidèle d'entre toutes aux propositions de notre service, était une ancienne de la maison. Volontiers critique, d'un caractère pas toujours accommodant, d'une nature entière, profonde et sincère dans ses affections, affectueuse avec ses préférés (dont j'étais), elle était née en mai 1937. Ses élans d'affection avaient, en quelque sorte, la même intensité, la même densité que ses protestations. Des problèmes récurrents avec son diabète, une chute et des complications respiratoires ont eu raison d'elle. 

Dans notre résidence, c'était une personnalité, un pilier, un caractère. Elle ne cherchait pas à plaire à tout le monde, elle voulait faire entendre sa voix et, pour ce qui me concerne, elle a toujours été fidèle et loyale et m'accordait une confiance bouleversante. Aujourd'hui, j'ai l'impression de perdre un être attachant. Je suis surpris et touché. Je comprends douloureusement la place qu'elle tenait ici et sa disparition a quelque chose d'irréel tant elle faisait partie de notre réalité, tant elle y occupait une place. Je reprends ici son récit de vie.

Marie-Thérèse Herbiet

(Première séance 28/09/16)

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Marie-Thérèse, au premier plan

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Famille :

Père :

Jean-Baptiste, (né en ? et mort en ?), il était fermier, il avait fait des études d’instituteur. Il avait une écriture magnifique. On n’en voit plus de semblable. C’était élégant, raffiné. C’était un bel homme, il était de taille moyenne, cheveux noirs, fort intelligent, bel homme. Il fumait le cigarillo. Il avait les yeux gris bleu comme moi.

C’était un caractère impulsif, c’était un grand pêcheur et pourtant il était nerveux, il fallait que ça marche, que ça avance. C’était un homme gentil, courageux, vaillant. Il travaillait avec les chevaux, l’un s’appelait Diane et l’autre, je ne sais plus, ça m’échappe pour le moment. Il nous avait offert un cheval, Miss, un cheval pour les enfants. Personne ne le montait, on se promenait avec sans le monter.

Papa était un courageux, il travaillait beaucoup dans les champs. On avait des vaches , une dizaine, des porcs, trois ou quatre, des poules, des moutons. Un bélier avait encorné mon frère, je me souviens.On possédait un chien, également, Dick. Il était comme ça, notre chien, de taille moyenne, quand on a déménagé, il retournait à l’ancienne ferme. Mon frère allait le rechercher. Cela s’est produit souvent. Quand on ne le voyait plus, on savait qu’il était retourné là-bas.

Notre ferme était à Hait, à côté d’Haversin, commune de Serinchamps. Il y avait un grand jardin, papa et maman s’en occupaient. Il ne nous a rien manqué, jamais. On n’était pas gâtés comme des pommes pourries mais on était bien.

Mère :

Elisabeth, on l’appelait Léonie. Je ne sais pourquoi. Maman c’était Elisabeth George de Chenlit, vers Tellin. Maman était 14 ans plus jeune que papa. Ils se sont entendus, raisonnablement. Je n’ai pas beaucoup questionné mes parents. Je ne sais pas où ils se sont mariés. Maman avait eu une déception sentimentale avant de connaître papa.

Maman s’occupait du ménage, de la famille, du jardin, des vêtements. Elle faisait son pain, son beurre à la baratte , elle en vendait, elle trayait les vaches à la main. Elle faisait beaucoup de choses. Sans oublier les courses. Elle avait soin de tout le monde, elle avait beaucoup d’égards. Elle avait un grand respect pour les personnes âgées, elle a toujours eu ça en elle. Durant la guerre, elle a hébergé des vieilles personnes dans sa cave, elle les a nourries. Elle était généreuse et courageuse. Papa avait été appelé sous les armes. Nous avons fait l’exode avec Maman jusqu’à Montreuil. Ensuite, nous sommes revenus.

Fraterie :

Julien, frère aîné. Il vient d’avoir 81 ans. Il était carreleur indépendant. Il a travaillé en Arabie. C’est un pays riche. Il était marié avec Marie-Thérèse Franquart. Ils ont eu 4 enfants : Antoine, Jeanne-Marie, Fabienne, Françoise. Il est toujours en vie. Il est remarié avec Hélène, une gentille.

Quand c’était la Saint-Nicolas, maman m’avait payé un landau avec une poupée dedans. Julien avait pris la poupée et l’avait mise dans un trou de cheminée, pour me faire enrager. Il n’avait qu’une sœur, il me faisait enrager. Mais on s’entendait à merveille. Notre enfance a été heureuse. Récemment, à la Sainte-Anne, 2016, il m’a apporté des photos de notre ferme. Je les garde. C’est précieux. Cela m’a touchée. Avec Julien, enfants, nous allions gober les œufs des poules, on faisait les fous dans le fenil, on sautait, on renversait les colonnes de ballots. Quelle belle période ! C’est la meilleure de ma vie. Car au fond, avec tous les problèmes de santé, les problèmes physiques que j’ai connus, mais vie n’a pas été très heureuse. Trop de problèmes, d’opérations.

Joseph, il vit toujours. Sa femme, Maria Vincent, est décédée il y a longtemps. Il est resté seul. Ils ont eu huit enfants : Jean-Luc, Christian, Patricia, Annick, Gisèle … ça me reviendra plus tard. Il était maçon, un bon. Dans mes frères, chacun a construit sa propre maison. Des maisons magnifiques. C’étaient de fameux ouvriers. Des bâtisseurs. On avait cette réputation. Il n’y avait pas de fainéants chez nous.

Il y avait une pompe à eau entre deux maisons, la nôtre et celle d’un voisin. Un vieil homme venait à la pompe et mon frère l’a appelé par son sobriquet. Fanchin ! Le vieux n’a pas apprécié, il a couru après mon frère. Il ne l’a pas rattrapé. On a ri, on a eu un peu de peur mais c’était tellement amusant !

Gustave, il vit toujours, il était contremaître chez Pirlot à Achêne. Il dirigeait mais il travaillait avec les autres. Ce n’était pas son genre de donner des ordres sans mettre la main à la pâte. Sa femme s’appelle Jacqueline, elle travaillait à la filature à Leffe. Après, ils sont partis à Ohey où il a construit sa maison, au Bois du Fou. Ils ont eu trois enfants : Frédéric, Cédric, Géraldine.

On allait à maraude chez Sissi, avec Gustave. C’était une villa. On allait ramasser les nèfles. Mais les propriétaires ne voulaient pas. Ils rouspétaient. Sissi, c’était un sobriquet.

Arthur, il s’est tué en automobile. Durant son agonie, je me souviens, il nous entendait, il pleurait mais ne pouvait plus répondre. On voyait les larmes ruisseler sur son visage. Le docteur a demandé ses reins pour une greffe. Pour sauver quelqu’un, nous les avons donnés. J’ai eu la charge des funérailles. Arthur avait cinq enfants : Bernard, Cécile, René, …

On était toujours tous ensemble, on faisait un groupe soudé. Quand le papa de maman venait, il distribuait les tâches, il fallait désherber les allées sous ses ordres. On ne l’aimait guère. Il était trop autoritaire, toujours à donner des ordres. On l’appelait Tapage.

Jean, il est mort d’un cancer, son épouse et lui ont eu 5 enfants : Chantal, Marie-Thérèse, Philippe, Jean-Marc,  Pascale.

Jean était courageux aussi, il n’y a pas de fainéants chez nous.

Le garde-champêtre disait à Jean : Tu n’oserais pas dire « charogne » à un oncle. Jean était petit. Il ne connaissait même pas le sens du mot. Mais Jean, mis au défi, il l’a dit. Il était petit. Il ne se rendait pas compte. L’oncle était furieux. Jean avait dit « carogne » (il ne parlait pas encore parfaitement) mais l’oncle avait compris ! Il a fallu fuir !

Moi, je suis la troisième de la famille. Je suis né le 8 mai 1937. 

Enfance :

Scolarité :

J’ai été à l’Ecole Communale à Haversin avec Madame Englebert. Je l’aimais bien. J’ai quitté que j’avais onze ans. On a déménagé pour aller au Moulin de Lisogne. Il n’y avait pas encore l’électricité à cette époque. On s’éclairait au quinquet. On s’y plaisait. On avait le ruisseau. C’était magnifique. Mes frères avaient trouvé un lézard, mes frères l’avaient caché dans le lit que je devais refaire. J’ai hurlé, j’ai couru. Mes frères pleuraient de rire. On ne prenait pas ça en mauvaise part mais j’avais eu peur.

J’ai continué l’école à Lisogne. Puis mes j’ai fait mes professionnelles à Dinant, couture, chez les sœurs Fabrion, rue Saxe. On avait des gabarits, on faisait des jupes, chemisiers. On adorait ça. Avec les copines, on avait arrosé la tête d’une fille avec du Vim (un produit de nettoyage). Mademoiselle Angèle n’avait pas aimé. Elles étaient quatre, les soeurs Fabrion. Ce n’était pas méchant de notre part, de les taquiner, c’était juste un peu rosse. Les copines venaient de Mesnil-Saint-Blaise. Moi, j’allais à l’école à vélo. J’ai été arrêtée un jour par un gendarme. La raison ? Mes frères avaient enlevé ma plaque !

Je me souviens qu’en famille, à la queue leu leu, on devait boire la cuillerée d’huile de foie de morue. On détestait ça. Mais il fallait que chacun d’entre nous y passe. Quel poison, il paraît que c’était bon pour la santé, difficile à croire !

Santé :

Je n’ai jamais connu le médecin dans l’enfance. Mais après, ça a bien changé.

Vie adulte :

Profession :

J’ai été travaillé après mon mariage. Avec mon époux, on a vécu 4 ans avec mes parents. J’ai fait des ménages, à huit francs de l’heure. J’étais bien considérée. C’était une quincaillerie et je travaillais aussi au magasin. Ensuite, j’ai travaillé chez un juge, un notaire. Ensuite au Castel des Syndicats près de Walzin. On travaillait comme femmes d’entretien avec un directeur du personnel très exigeant, très autoritaire. On n’avait pratiquement pas de congés. Si on brisait quelque chose, on était appelée au bureau, le directeur décomptait une demi-heure à chacune. J’ai travaillé aux cuisines, puis dans les chambres. Ensuite, par l’entremise du père Odon, je suis entrée à Maredsous. J’y suis restée huit ans. Mais mon travail a souvent été perturbé par des accidents et des opérations. J’ai été opérée 22 fois. Ça a un peu foutu ma vie en l’air. Problèmes aux ovaires, cancer des organes à 28 ans, ablation des organes, fractures, placement de broches. Mais mon moral et ma foi m’ont toujours sauvée.   

Mariage (rencontre et mariage) :

J’ai rencontré Charles Léonard, à Dinant. Le vendredi saint, en regardant les vitrines, on buvait un verre en groupe. Il y en avait un à qui j’ai plu. Quand j’étais jeune, on m’appelait Violette Impériale. J’étais mince, j’avais de beaux cheveux noirs. Nous sommes restés fiancés pendant 6 mois. Les parents de Charles ne voulaient pas de ce mariage. Je n’étais pas assez riche pour eux. Ils ont accepté mais ont refusé d’assister à la noce.

Mais ils ont eu du regret, ils sont venus à moi. Ils ont changé leur fusil d’épaule.

Charles était tailleur de pierre à Spontin. Toute la famille Léonard, c’étaient des tailleurs. C’était une famille renommée pour la qualité de son travail dans la taille.

J’ai eu un gentil mari, c’était un gai, pas un buveur, mais un homme joyeux. On a passé 50 ans de vie ensemble. C’est la mort qui nous a séparés. Rien d’autre. 

Nous nous sommes mariés le 3 octobre en 53.

Nous avons deux enfants : Elisabeth et Béatrice. Elisabeth était technicienne de surface chez Fortis, mariée avec Philippe, fromager à Maredsous : ils ont 3 enfants : Christophe, Valérie, Virginie. 

Béatrice s’est mariée deux fois. Elle a fait carrière à l’armée. Elle ne le regrette pas. Elle a fait 36 ans à l’armée. Elle a travaillé à l’Otan. Elle a fini secrétaire du colonel de la base de Florennes. Elle est pensionnée. Son beau-fils Laurent, 28 ans, travaille à la Région wallonne. Sa belle-fille, Lucie, 24 ans, est technicienne de surface.

Souvenirs particuliers avec les enfants :

Elisabeth a eu un gros problème intestinal, elle a été hospitalisée à Sainte-Anne à l’âge de 18 mois. J’ai été pris de frayeur, j’étais perdue. La petite a failli mourir. On l’a sauvée de justesse. Maman était fâchée parce qu’on l’avait mise avec des personnes âgées. Maman l’a reprise. Elle s’en est sortie. 

Santé :

Mes premiers problèmes sont apparus après le mariage. Problèmes aux ovaires, kystes, opérations successives. J’ai été en tout opérée plus de vingt fois. Fractures, colonne vertébrale.

Description de la maison de vie :

La maison était à Lisogne. En bas, quatre pièces, au-dessus, trois chambres, un grenier, un garage, une cave, une grande cour carrelée avec des murs d’1,5 m. C’est mon frère qui les avait faits. Elle était au milieu du village. C’était une belle et grande maison. Il y avait un jardin, on faisait le jardin, on avait une mare avec des canards, on avait des lapins, je m’en souviens, on avait des lapins en cage, plus de 80 lapins à un moment, des races différentes. Mon mari, la première fois qu’il a tué un de ses lapins, il a pleuré. Dans le jardin, il y avait de tout, on n’achetait pas de légumes. Il était émotif. Une fois, un petit neveu avait étranglé un de ses canaris, il en a pleuré. Et il était fâché.

On avait un chien. On en a eu quatre sur nos 55 ans de mariage. Un loulou blanc qui s’appelait Loulou. Il était jaloux de la petite. Nous avons été contraints de nous en séparer. On a eu un épagneul qui s’appelait Brigand. Il était beau comme tout. On a eu un berger allemand, on l’appelait Vascote. Une femelle, très gentille, sans problème. Les chiens sont comme on les fait. Un dogue allemand, immense, les gens en avaient peur sur l’allure, mais dès qu’on connaissait l’animal, on l’adoptait. C’est impressionnant par la taille, une peau noire, fine, délicate. Il attendait sur le torchon qu’on le nettoie pour entrer dans la maison. Il avait sa place devant le poêle. C’était une femelle, Madison. Quand il faisait bon, elle avait la cour derrière. Après le dogue, on est retombé sur un caniche. Tout petit, noir, une femelle, on l’appelait Lady.

On avait un rossignol des Indes et un canari aussi, Roméo. Le rossignol, je ne sais plus son nom. Je cherche mais ça ne me revient pas. Les oiseaux vivaient dans une cage, à l’intérieur. Mon mari aimait ça, les oiseaux.

Entrée à Sainte-Anne :

Après le décès de mon mari, je suis restée deux années seule. On était à Dinant. On avait racheté une maison à Dinant. Je ne pouvais plus soulever rien du tout. J’étais en difficulté. J’ai décidé qu’il me fallait de l’aide. J’ai pensé à Sainte-Anne. Je l’ai dit à mes filles. Elles ont été surprises. Je n’aurais pas voulu peser sur le ménage de  mes filles. Il y a dix ans. Je me plaisais mieux au début que maintenant. Ce n’est plus la même ambiance. Heureusement qu’on a les activités de Monik et les tiennes. Je te le dis. C’est une chance. C’est mon plaisir d’y aller. Comme beaucoup. Cela occupe le temps, l’ambiance est bonne. Mais la vie ici a changé. Certaines sont moins attentives à nous. Le respect n’est pas toujours là. Tout le monde se sent traqué, dirait-on. Tout le monde est pressé, tout le monde a hâte.

Mais je l'ai dit à la Télé, quand ils sont venus. On m'a interrogée. J'ai dit oui, c'est une bonne maison.

Que notre amie trouve, à l'autre bout de son essor, la paix, la quiétude, la lumière bienfaisante, la fin de toute souffrance, des lieux apaisants, hospitaliers et chaleureux.

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